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El Padre

El Padre

Bienvenus dans mon univers ! Un endroit pour partager autrement l'expérience d'être prêtre.

Homélie 17ème dimanche du Temps Ordinaire

Dans ces paraboles de l’évangile selon saint Matthieu Jésus nous parle du Royaume des cieux avec des mots humains pour expliquer une réalité qui nous dépasse. Mais ce n’est pas parce que cette réalité nous dépasse que nous ne pouvons pas la rejoindre, la toucher, vivre avec elle. La découverte du Royaume des Cieux est une grande aventure.

 

Nous ne pouvons parler véritablement de Royaume des Cieux que lorsque nous avons vécu une rencontre personnelle et vraie avec le Christ. Sans cette rencontre là, tout le reste n’a pas de sens. Nous pouvons nous engager dans n’importe quoi dans l’Eglise ou ailleurs, même parfois au nom de Dieu, mais si nous ne nous laissons pas toucher par sa Parole, si nous ne nous laissons pas transformer par elle, on reste comme ce sol pierreux dont parle Jésus dans la parabole du semeur. C’est d’ailleurs la parabole qui introduit toutes les autres et avant de parler du Royaume des Cieux, Jésus parle justement de cette rencontre personnelle avec la Parole de Dieu, cette rencontre personnelle avec lui.

 

Je ne sais pas si vous avez fait attention mais nous pouvons distinguer 4  réalités dans ces paraboles: la graine (la parabole du semeur et celle de l’ivraie), le levain dans la pâte, le trésor caché/retrouvé et la pèche. Nous allons en retenir 3 : la graine, le trésor et la pèche.

 

Lorsque nous nous laissons toucher par Dieu, cette relation est comme cette petite graine jetée au sol, pour qu’elle puisse grandir et porter des fruits, il faut en prendre soin. Il faut la nourrir. Par cette rencontre nous trouvons un trésor. Cela nous enrichi car nous savons que donner à Dieu une place dans nos vies est la plus grande des richesses que nous pouvons avoir. Nous sommes comme des enfants qui trouvent un jouet. La joie est tellement grande que nous ne pouvons pas l’exprimer. Ca transforme notre vie. Ce trésor « caché » que nous trouvons nous fait découvrir alors, en nous, cet amour infini de Dieu, qui était là, caché, enfoui, parmi les ivraies de notre vie.

 

Mais le risque c’est justement que nous ne restions que là. Et le danger c’est que nous ne voulions pas enraciner la foi, la faire grandir. Devenir adulte dans la foi. Et nous devenons adultes dans la foi lorsque nous comprenons que la chose la plus importante que nous pouvons demander à Dieu c’est le discernement. Savoir faire le tri de ce qui vient de lui et de ce qui vient de nous. Avoir le « bon sens de la foi », comme dans la parabole de l’ivraie et celle de la pèche. Se rendre compte que parfois ce que nous faisons « au nom de la foi » ou « au nom de Dieu » n’est, en fait, qu’une excuse pour que nous puissions faire ce qu’on veut en nous cachant derrière la foi.

 

La découverte du Royaume des cieux commence par cette rencontre avec le Christ par laquelle nous nous laissons transformer par sa parole. Et ce Royaume des Cieux ne commence pas demain ou après notre mort. Il commence là, aujourd’hui, par la présence de Dieu dans notre vie. Et cette présence nous enrichie, nous purifie, pour nous faire grandir.

 

La graine, le trésor et la pèche : faire grandir, enrichir et apprendre à discerner, trier. Voilà chers frères et sœurs, comment nous pouvons vivre notre relation avec Dieu mais aussi avec les uns et les autres. Comme Salomon, demandons au Seigneur la grâce du discernement, non pour juger les autres ou nous sentir meilleurs qu’eux (ça s’appelle l’orgueil et non le discernement) mais demandons au Seigneur ce discernement pour que nous puissions être attentifs aux autres, que nous puissions discerner dans ce monde le bien du mal, mais aussi en nous-mêmes. Demandons ce discernement pour que nous puissions avoir un cœur capable d’écouter le Seigneur et de l’écouter au travers les cris contemporains pour que nous soyons signes de ce Royaume des Cieux déjà là.  Pour que nous puissions vivre ensemble et grandir dans cette belle aventure de la foi.

 

(1Rois 3, 5.7-12; Psaume 118; Romains 8, 28-30; Matthieu 13, 44-52)

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