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El Padre

El Padre

Bienvenus dans mon univers ! Un endroit pour partager autrement l'expérience d'être prêtre.

Homélie du 25ème dimanche du Temps Ordinaire


 

En lisant cette parabole à la va vite, nous pouvons nous laisser prendre par un certain sentiment d’injustice si nous nous fixons seulement sur la question du « salaire » et oublions la clef même de lecture de toute la parabole, la première phrase : « Le Royaume des cieux est comparable… » Cette introduction nous indique qu’il s’agit du Royaume de Dieu. Et ainsi nous pouvons dire que « maître du domaine » est Dieu lui-même. Si nous oublions ça nous pouvons alors tomber dans le piège de ne voir qu’un aspect social dans cette parabole. Mais Jésus ne la raconte pas pour parler de l’injustice sociale mais pour mettre en évidence la Miséricorde de Dieu.

 

Au début de l’histoire, le maître du domaine va à la recherche des ouvriers pour sa vigne et convient avec eux de leur donner, comme salaire, 1 denier, à la fin de la journée. Ceux-ci acceptent volontiers et partent au travail. Pour trois fois le maître du domaine ressort pour aller chercher d’autres ouvriers : vers 9h, 12h et 17h, sans convenir, cette fois-ci, du salaire. A la fin de la journée de travail il demande à son intendant de payer aux ouvriers, en commençant par les derniers embauchés, la même somme, c’est-à-dire, 1 denier à chacun ! Et c’est là que le drame commence. Et c’est là aussi que nous pouvons entrer dans une interprétation plutôt sociale de la parabole.

 

Ceux qui ont commencé à travailler tôt le matin, en recevant leurs salaires, ne sont pas contents car ils ne reçoivent qu’un denier. Et accusent le maître d’être injuste. Le maître rétorque alors en disant qu’étant propriétaire de ses biens il peut faire ce qu’il veut et que les premiers ne sont pas lésés car ils avaient convenus ensemble du salaire.

 

Mais quelle est alors la vraie question de fond ?

 

La vraie question c’est que ces premiers sont jaloux de la manière avec laquelle le maître du domaine a traité les autres, ils sont lésés dans leur orgueil, pas dans leur contrat. Ils n’acceptent pas ce « geste de gratitude » du maître du domaine. Ils se croient beaucoup plus aptes à recevoir plus ! Et c’est là que le Seigneur veut en venir avec cette parabole: le maître du domaine c’est Dieu et Dieu a décidé de manifester sa tendresse et son amour à chacun de nous. Que nous soyons les premiers ou les derniers arrivés ! Ce qu’il veut nous donner c’est sa grâce, son amour, sa miséricorde pour que nous puissions nous relever et avancer.

 

Dieu fait ce que bon lui semble car ses « pensées ne sont pas nos pensées » ! La parabole ne rabaisse nullement « les premiers » au rang des « derniers » mais elle souligne une égalité qui fait ressortir la grâce extraordinaire faite aux pécheurs, chacun de nous !

 

Nous pouvons regarder la vie de ceux qui sont autour de nous et croire qu’elle est meilleure que la notre, nous pouvons croire que ceux qui sont « arrivés d’abord » dans cette relation avec le Seigneur ont plus de chance car ils « savent » plus ! Ou nous pouvons aussi croire que ceux qui sont « arrivés après » ont plus d’avantages… mais ceci n’est pas la question ! Le plus important c’est de savoir que l’amour de Dieu est pour chacun de nous ! Nous ne connaissons pas les combats que chacun affronte dans son cœur ! Et Dieu donne à chacun selon ses vrais besoins !

 

Nous pouvons être, chacun, ces ouvriers de la onzième heure car nous avons tous besoin de la miséricorde de Dieu et notre salut ne peut venir que de lui ! Nous avons tous besoin de la grâce de Dieu pour avancer dans notre vie avec lui et avec les uns et les autres. Et la justice de Dieu s’appelle MISERICORDE ! Et c’est par sa miséricorde, qui nous guérit, nous libère et nous redonne l’espérance, que Dieu vient à notre rencontre.

 

(Is 55, 6-9 ; Ps 144 ; Ph 1, 20c-24.27a ; Mt 20, 1-16)

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