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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie pour le 1er dimanche de l’Avent │Année B

En méditant sur cet évangile d’aujourd’hui, je me suis rappelé que lorsque j’étais petit, à la ferme de mes grands-parents, de temps en temps ma mère me laissait à la maison au lieu de m’emmener avec elle aux champs. Mais elle ne me laissait pas pour que je puisse dormir ou me reposer, au contraire, en partant, elle me laissait toute une liste de choses à faire : le ménage, le repas, le repassage… et elle me disait : « attention, si quand je reviens, les choses ne sont pas faites, tu vas bien m’entendre ! » Le seul souci c’est que je ne savais pas à quelle heure elle allait revenir ! Du coup, j’étais écartelé entre faire les choses à la dernière minute, pour pouvoir m’amuser, regarder la télé, jouer avec mes cousins ; en prenant le risque de me « laisser surprendre » par maman… ou me mettre au travail pour que tout soit prêt lorsque ma mère reviendrait. En gros, une partie de moi voulait « veiller » et une autre voulait « s’amuser ».

 

En fait, quelque part, c’était comme dans cet évangile. Vous avez entendu, l’homme qui part en voyage et donne à ses serviteurs tout pouvoir en fixant à chacun sa tâche, avec cette demande précise au portier: « veillez » !

 

Veiller, ici, est synonyme de rester attentif, rester éveillé, en d’autres termes, ne pas s’endormir. Autrement dit, ce n’est pas négliger quelque chose qui nous est confié. Les serviteurs de l’évangile d’aujourd’hui, puisque le maître n’était plus dans le domaine, pouvaient avoir aussi la tentation de ne pas prendre au sérieux leur responsabilité, d’être écartelés entre le fait de « veiller, travailler » ou l’envie de s’amuser ! Ne dit-on pas : « quand le chat n’est pas là les souris dansent ? » Ses serviteurs auraient pu tout à fait négliger la maison. Et Jésus utilise cette histoire pour dire à ses disciples qu’il est nécessaire de veiller car l’avènement du Christ, son retour dans la gloire, reste un mystère. On n’est pas en mesure de savoir ni le jour ni l’heure !

 

Est-ce que vous vous rappelez quelle était la première phrase de la première lecture ? « C’est Toi, Seigneur, notre père. » C’est la première chose que nous entendons de la Parole de Dieu dans ce début de temps de l’avent. C’est comme un rappel au cas où nous aurions oubliés que Dieu est notre Père ! Et ce « père » nous a donné la possibilité de prendre soin de sa maison. Un peu comme l’histoire que je vous ai racontée au début. Il nous laisse sa maison avec aussi une demande précise : veillez ! Nous sommes les gardiens de la maison de Dieu, les portiers, nous sommes les gardiens de son Royaume ! Mais je ne pense pas, qu’aujourd’hui, cela parle à grand monde. Et ce parce que nous sommes un peu trop soucieux, parfois, de nos propres soucis. Nous avons un peu perdu cette « nostalgie du Ciel », ce désir de la rencontre avec le Seigneur. Nous pensons que la « conversion » n’est que pour ceux qui sont à l’extérieur de ses murs, la conversion comprise comme le « retour vers Dieu » ! Et voilà que l’invitation que nous recevons ici c’est « Veillez » ! Et comment peut-on veiller ? Or, si nous savons que Dieu est notre Père et qu’il nous a confié sa maison, veiller c’est avoir la capacité de garder la relation avec Lui. Ici, ce n’est pas une invitation à la peur, mais une invitation à la Communion. La communion avec le Seigneur. Et cette communion passe par la prière ! Et Dieu sait combien il est difficile de rester fidèle à la prière ! Il sait que nous sommes bien souvent écartelés entre une chose et une autre. Rappelons-nous l’épisode juste avant la passion où Jésus dit à ses disciples de « veiller » et ils finissent par s’endormir.

 

Veiller c’est attendre, c’est prier, c’est préparer la maison pour recevoir un ami qui peut arriver à n’importe quel moment. C’est laisser une place dans nos agendas pour la spontanéité d’un moment. Et le temps de l’avent c’est un temps d’attente, mais une attente active ! Nous attendons quelqu’un mais nous ne savons pas à quelle heure il va arriver… nous devons donc préparer la maison et préparer notre cœur pour le recevoir ! Peut-être même à l’improviste ! Le temps de l’avent c’est un temps privilégié pour comprendre que nos vies peuvent contribuer à la gestation de l’humanité nouvelle puisque nous sommes les gardiens, les portiers de Dieu ! Et même si nous sommes fragiles, nous sommes « l’argile » mais c’est Dieu qui nous façonne, si nous lui permettons de le faire !

 

Que ce temps de l’avent soit une occasion pour nous rappeler notre responsabilité de fils ! Cette responsabilité qui nous appelle à préparer la maison ! Qui nous appelle à faire confiance. Et qui nous rappelle que l’amour engage et qu’il est capable de transformer ! Faire revenir ! Il est capable de sauver ! Et rappelons-nous que Dieu, Lui, se porte garant de cet amour ! Car c’est Lui l’amour qui peut combler notre cœur, et notre attente !

 

(Is 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7 ; Ps 79 ; 1Cor 1, 3-9 ; Mc 13, 33-37)

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