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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie du 5ème dimanche de Pâques │Année B │2018

Je ne suis pas un connaisseur dans le domaine des vignes, mais je sais qu’une vigne demande beaucoup de soins. Jésus, en parlant à ses disciples, nous dit « Moi, je suis la vraie vigne ». Je ne sais pas si vous avez eu la curiosité d’aller voir dans votre Bible mais nous sommes ici, dans ce passage, après le geste du lavement des pieds. Autrement dit, c’est le dernier entretien de Jésus avec ses disciples avant sa passion.

 

Lorsque nous entendons cela « je suis la vraie vigne » nous nous disons, bien sûr, que c’est certainement important et nous comprenons bien que Jésus parle de l’importance de rester avec lui, de demeurer en lui. Je ne vais pas vous paraphraser l’évangile. Mais les disciples, eux, lorsqu’ils entendaient cela, ils allaient beaucoup plus loin. La vigne est, en effet, l’image privilégiée de l’Alliance entre Dieu et Israël. Cela veut dire que lorsque Jésus disait « je suis la vraie vigne » le symbole, le signe, prend en lui, chair ! C’est Lui, Jésus, la nouvelle alliance, en lui, cette alliance entre Dieu et son peuple se réalise définitivement. Et c’est pour cela qu’il exhorte ses disciples à demeurer en lui. Demeurer dans le Christ c’est être imprégné de ses paroles. Demeurer dans le Christ c’est lui permettre de devenir notre socle, notre fondement, notre appui. Et la condition sine qua none de porter de fruits est donc d’être « branchés » au Christ. Bien souvent nous n'appuyons que le fait de demeurer en Jésus mais nous oublions la suite de la phrase « demeurez en moi, comme moi en vous. » Le Christ demeure en nous ! Il est là, avec nous ! Mais nous pouvons faire comme s’il n’était pas là. Nous pouvons rester indifférents à sa présence et c’est là où nous devenons des branches qui ne sont plus capables de porter des fruits. C’est là où nous risquons d’être enlevés mais pas parce que Dieu est méchant, mais parce que nous ne voulons pas être avec lui. Le Seigneur est avec nous, tout le temps ! Cependant, nous, nous pouvons ne pas vouloir être avec lui. Dans une relation, si seulement l’une des parties est présente, la relation finit par se faner. Demeurer dans le Christ c’est vivre cette réciprocité dans la relation qu'il veut et que nous pouvons avoir avec lui. Demeurer dans le Christ c’est nous rendre compte que son alliance avec nous est pour toujours. Demeurer dans le Christ c’est lui faire confiance non par ce qu’il peut me donner, mais par ce qu’il est : notre Dieu ! Demeurer dans le Christ c’est être son disciple, autrement dit, se laisser enseigner par lui.

 

« Demeurez en moi » c’est une invitation, un commandement… « comme moi en vous » c’est une certitude ! Si nous acceptons cette invitation, si nous mettons le Christ au cœur même de notre vie, si nous devenons ses disciples en nous nourrissant de sa parole, nous porterons alors des fruits. Et tout dans notre vie trouvera alors son sens, y compris nos souffrances, nos difficultés, nos épreuves et même l’épreuve de la maladie. Ce sens n’est pas une espèce d’acceptation résignée, mais la certitude que le Christ traverse avec nous tout cela car il est notre Espérance, notre Pâques définitive ! Il est notre Dieu.

 

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