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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie du 28ème dimanche du Temps Ordinaire

Je me demande souvent en lisant cet évangile ce qu’est devenu cet homme qui pose cette question à Jésus. Je me demande aussi quelle serait notre réaction si nous étions à sa place. La question qu’il pose à Jésus est pleine de bonne volonté. « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Sa demande se situe au niveau du « devoir pour le devoir », elle enferme les commandements comme quelque chose d’absolu en oubliant qu’ils ne sont qu’une étape. Les commandements sont une étape qui ont pour but de nous mener à l’appartenance à Dieu. Et c’est là où ça va coincer : le passage du « devoir » à « l’appartenance ».

Jésus ne dit pas que ce qu’il fait est mauvais, mais il l’invite à aller plus loin. Et le premier signe de ce désir de Jésus c’est le fait qu’il « posa son regard sur lui, et il l’aima. » Nous ne pouvons pas appartenir[1] à quelqu’un si nous ne sous sentons pas aimés. Et Jésus sait que la radicalité de son appel ne peut être vécue que si nous savons que nous sommes profondément aimés. Nous ne pouvons pas suivre le Christ si nous n’avons pas goûtés de son amour, profondément. Et il s’agit ici de cet amour qui va au-delà du sentiment et du ressentir, c’est cette amour qui transforme notre vie, notre regard, notre histoire. Et pour vivre pleinement cette expérience il nous est nécessaire être libres.

C’est peut-être ça qui manquait à cet homme. Son problème n'était pas tant ses richesses, mais son emprisonnement, son attachement à ses richesses. Il n’était pas libre. Ses richesses l’empêchaient de voir plus loin. Il ne pouvait pas appartenir au Christ car il appartenait déjà à ses richesses. Nous sommes là pleinement dans la radicalité de l’évangile et de l’appel du Christ. Le problème de cet homme n’est pas qu’il soit riche. Mais c’est qu’il s’est rendu prisonnier de ses richesses. Et nous ne pouvons pas suivre véritablement le Christ que si nous sommes pleinement libres !

Chacun de nous, nous avons des choses qui nous emprisonne. Que ça soit des choses matérielles et même dans nos relations. Le Seigneur sait bien combien il nous est difficile de nous laisser regarder, de nous laisser aimer, de le choisir et de le suivre. Mais il nous fait don de son amour, non comme une récompense, il nous fait don de sa vie pour que nous ayons pleinement la vie. Et ce don-là, nous ne pouvons le recevoir que si nous sommes capables de nous laisser transformer par le Seigneur, par sa Parole qui est vivante.

Est-ce que nous avons, profondément, répondu à cette invitation de Jésus : « suis-moi » ? Rappelons-nous tout simplement, que son regard sur nous est toujours un regard aimant !   Et que le don suprême qu’il nous donne est celui de la vie éternelle. Que nous puissions nous laisser toucher et transformer, profondément, par le regard aimant du Christ sur nous.

(Sg 7, 7-11 ; Ps 89 ; Hb 4, 12-12 ; Mc 10, 17-30)

 


[1] L’une des définitions de ce verbe c’est « être dévoué à quelqu’un. »

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