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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie pour le 4ème dimanche de l'Avent│Année C│2018

Après la visite de l’ange, Marie se met en route pour aller chez Elisabeth. L’ange lui avait révélé que sa cousine, avancée en âge, était enceinte. L’évangile ne dit pas ce que Marie est allé faire. Nous ne pouvons que déduire qu’elle y est allée pour aider sa cousine mais aussi pour fêter cette bonne nouvelle.

Marie aurait pu, après la visite de l’ange, attendre la naissance de l’enfant, tranquillement à Nazareth. Mais elle a décidé de se mettre en marche. Lorsque Dieu fait irruption dans notre vie, celle-ci est changée de manière radicale. Au du moins, notre manière de voir le monde et les choses changent de manière radicale. Permettre à Dieu d’avoir une place dans notre existence c’est prendre le risque de se laisser bousculer, changer, transformer. Et c’est certainement cela qui se passe lorsque nous vivons l’expérience de la rencontre. Mais si après cette expérience de Dieu en nous, nous nous enfermons dans notre « manière de concevoir les choses », si nous ne nous mettons pas en marche, en sortie, si nous n’entrons pas dans une dynamique du don, ça veut dire que nous avons passé à côté de quelque chose.

L’attitude de Marie c’est l’attitude de quelqu’un qui a reçu un don et qui ne peut que se mettre en route pour donner à son tour. Et nous ne sommes pas ici, d’abord, dans l’ordre du faire. Mais dans l’ordre de l’être. Car tout commence par la reconnaissance. Marie reconnaît la puissance de Dieu dans la vie d’Elisabeth, et Elisabeth reconnaît l’accomplissement des promesses de Dieu dans la vie de son peuple, par Marie. Reconnaître le don reçu c’est la première attitude du disciple. La première attitude de celui qui se met à la suite du Christ. Et après la reconnaissance du don reçu, le service ! Et ce n’est que par la reconnaissance de ce don, autrement dit, ce n’est que par l’action de grâce, que nous pouvons sortir d’une culture qui regarde le rétroviseur, ce qui était ; pour entrer dans une attitude d’Espérance, de ce qui est et de ce qui sera, avec le Seigneur. Par cette attitude alors, nous pouvons nous mettre en route. Devenir disciples, et bien plus que ça, devenir disciples-missionnaires. Tous ne peuvent pas donner la même chose, mais chacun peut donner quelque chose. Elisabeth ne donne pas la même chose que Marie, et inversement, mais le don de toutes les deux fortifient l’Espérance de ceux qui sont en marche. Le don de chacun de nous, fortifie la foi de ceux qui sont en marche, comme nous.

Dans quelques heures nous allons fêter à nouveau Noël, la fête du don de Dieu pour chacun de nous. Ce Dieu qui se met à notre portée et qui veut nous rejoindre. Mais ce don de Dieu ne peut porter du fruit en nous que si nous nous mettons aussi en marche. Dieu nous rend visite pour que, par notre vie et notre témoignage, nous soyons signes de sa présence. Et cela passe par les petits gestes du quotidien comme par des gestes plus grands. Cela passe par notre disponibilité de cœur. Et oui, nous traversons aussi des moments de fatigues, de découragements, voire de doutes, et c’est pour ça qu’il est important de cultiver en nous un regard capable de reconnaitre l’accomplissement des promesses de Dieu pour que, sur notre chemin personnel, nous nous laissions encourager, redynamiser et grandir par d’autres, que, comme nous, traversent leurs chemins et, ensemble, forment la communauté ! Soyons des disciples désireux de connaître et de reconnaitre notre maître. Soyons des disciples désireux de partager la joie de la foi !

(Mi 5, 1-4a ; Ps 79(80) ; Hb 10, 5-10 ; Lc 1, 39-45)

 

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