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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie du 21ème dimanche du Temps Ordinaire | Année C | 2019

Les lectures de ce dimanche sont très denses et peut être difficiles à entendre, tant pour la forme que pour le contenu. Au niveau de la forme parce qu’elles sont assez directes. Et au niveau du contenu parce qu’il nous met face à une exigence qui nous déplace dans nos certitudes. Ici nous avons plutôt un Dieu qui se montre exigeant. Un Dieu qui pose le cadre, contrairement à l’image que nous avons plus souvent de Lui.

L’exigence d’un Dieu qui éduque (2ème lecture). L’exigence d’un Dieu qui veut que nous nous tournions vers Lui (1ère lecture) et qui nous rappelle que la porte par laquelle nous devons passer pour entrer dans son Royaume est étroite, donc il ne suffit pas de suivre les règles et les commandements pour être sauvé, encore faut-il entrer sur un chemin de conversion, de changement de cœur et de justice (évangile).

Et ce que nous avons entendu aujourd’hui, révèle surtout, l’exigence de la foi. Toute parole de Dieu est une bonne nouvelle et un chemin de vie. La bonne nouvelle que nous entendons ici c’est que Dieu nous prend au sérieux. Seul quelqu’un qui prend au sérieux notre amour peut être exigeant avec celui-ci. Autrement, on laisse courir.

Et la réponse de Jésus à la personne qui lui demande (presque en affirmant) que peu de personnes sont sauvées, est pour nous, une révélation de cette exigence de l’amour de Dieu.

« N’y a-t-il que peu de personnes qui sont sauvées ? » Demande-t-on à Jésus. La personne s’attendait peut-être à un simple oui consolant de la part du Christ. Et Jésus va répondre avec pédagogie pour lui montrer qu’il y a quelque chose d’autre. Qu’en soit, le plus important ce n’est pas de savoir qui va être sauvé, mais c’est plutôt de connaître quel est le chemin du salut.

La première chose que fait Jésus c’est introduire le sens de l’effort dans la foi : « efforcez-vous d’entrer par la porte étroite… » mais ceci n’a rien à voir avec le volontarisme. Il veut plutôt nous montrer que la foi n’est pas quelque chose de statique. Et l’histoire du maître de maison qui n’ouvrira pas la porte à ceux qui chercheront à y entrer en est l’image. Même s’ils diront « nous avons mangé et bu en ta présence… » nous avons écouté tes enseignements. Et pourquoi cela ne suffit-t-il pas ? Parce que ce qui est le plus important c’est la relation personnelle et transformatrice que nous pouvons avoir avec Dieu. Et là, ce n’est pas de l’ordre du volontarisme mais de la relation vraie ! Cette relation nous fait entrer dans le domaine de la foi en tant que capacité de conversion et capacité à accueillir Dieu dans notre vie. Cette foi qui est dynamique. Manger et boire ensemble, et même entendre l’enseignement, ne suffit pas pour être reconnu comme de la famille. Cela reste un lien superficiel. Et il est là le déplacement opéré par Jésus. Il nous révèle que ce qui nous donnera d’entrer par la porte étroite c’est le fait d’être avec le Christ, d’apprendre avec lui, de se laisser transformer par Lui. Appartenir à ceux qui ont bénéficié de la Bonne Nouvelle ne nous donne pas un ticket d’entrée dans le Royaume.

Ce qui importe, aux yeux du Christ, c’est la conversion. Le changement du cœur. La capacité d’être juste et ajusté. Et en cela, nous reconnaissons l’exigence de la foi. Et cette exigence nous est révélée dès notre baptême. Lors de celui-ci il a été proclamé (et nous le dirons tout à l’heure pour Rafael) que nous sommes membres du corps du Christ et nous participons à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi.

Je vous ai dit au début que dans ces lectures nous avons un Dieu qui pose le cadre. Le cadre dans lequel nous sommes invités à entrer pour entrer dans une relation profonde avec Lui. Être prêtre, prophète et roi c’est une manière de vivre ce que Dieu attend de nous.

Prêtre : avoir la capacité de porter l’humanité dans notre cœur. De la confier à Dieu par la prière. Cette conversation que nous pouvons avoir avec Lui. Autrement dit, être reconnu non seulement parce que nous avons mangé et bu ensemble mais parce que nous avons demeuré avec le Seigneur. Avec et pour les autres.

Prophète : être capables d’être présence de Dieu dans le monde. L’annoncer par notre vie. Par notre témoignage. D’être juste et de dénoncer les injustices. Il ne s’agit surtout pas de remplir des cases ni d’être un modèle… mais d’être témoins de l’amour de Dieu et d’avoir le courage d’assumer que sans Dieu notre vie tombe en ruines.

Roi : être conscients que le Seigneur nous attend pour que nous nous mettions au service des plus fragiles, des plus pauvres. Et bien souvent ceux-là sont ceux qui sont ici, à côté de nous.

Prêtre, prophète et roi. Exercer ces trois fonctions c’est pour nous le cadre dans lequel nous pouvons grandir et porter du fruit. Cela répond à la demande de Jésus « efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. » Cette porte cache, derrière elle, l’éternité. C’est donc le chemin qui est important. Et tout se joue là, maintenant. Dans l’aujourd’hui de notre existence. Et le Seigneur chemine avec nous. Il nous encourage, nous éduque, nous relève. Et il désire que nous passions de cette relation superficielle avec lui pour entrer dans une relation profonde, personnelle et transformatrice. Cette relation personnelle qui fait en sorte qu’au « milieu des changements de ce monde, nos cœurs s’établissent fermement là où se trouvent les vraies joies. »

(Is 66, 18-21 ; Ps 116 ; He 12, 5-7.11-13 ; Lc 13, 22-30)

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