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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie du 22ème dimanche du Temps Ordinaire | Année C | 2019

Une liturgie de la parole qui nous invite à l’humilité et à la sagesse, avec ce rappel de Jésus sur le fait de choisir toujours la dernière place. Pour ce faire comprendre il passe à nouveau par une parabole et il fait savoir aux pharisiens, chez qui il mange, que le danger de leur pratique c’est l’oublie de l’essentiel : se rassembler autour du Seigneur et le servir de tout son cœur.

Les pharisiens ne sont pas des méchants, même si souvent on peut les cataloguer comme tels. Le pharisianisme est un mouvement religieux qui prône le respect de la Tradition. Le respect de toutes les richesses reçues par ceux qui les ont précédés. En tant que tel, c’est un mouvement honorable et qui vise le fait de mettre Dieu toujours à la première place par la conversion quotidienne. Ce que Jésus vient critiquer n’est pas le mouvement en lui-même mais les écueils dans lesquels les pharisiens peuvent tomber.

Le mot pharisien veut dire « séparé ». Et à force de vouloir être séparé pour devenir des justes, les adhérents de ce mouvement prennent le risque de tomber dans l’orgueil de se dire que seule leur manière d’être et de faire est la meilleure et la plus juste. Et donc, que ceux qui ne font pas pareil sont alors méprisés, critiqués. Les propos de Jésus ne sont pas alors une longue tirade pour leur apprendre les règles de bienséance ou de philanthropie mais surtout, Jésus leur met en garde en rappelant que « trop de contentement de soi peut conduire à l’aveuglement.[1] » On pourrait presque penser que Jésus est un peu moralisateur, mais c’est bien du contraire qu’il s’agit. Jésus est entrain d’inviter les pharisiens à faire attention pour ne pas tomber dans ce terrain-là. Il les invite à l’humilité de reconnaitre leur fragilité devant Dieu. Et donc, à reconnaître leur besoin vis-à-vis de Dieu et de leurs frères.

Et nous dans tout ça ? Car cette parole est aussi pour nous. Et elle est également pour nous une invitation à ne pas tomber dans les pièges qui nous rôdent. Ces pièges qui nous font entrer dans la critique facile ou dans les certitudes démesurées qui peuvent nous faire affirmer que tel ou tel mouvement est le meilleur ou que tel ou tel manière de faire est à abolir. Nous sommes tous, plus ou moins, comme les pharisiens. Nous avons tous à la fois l’envie de bien faire et le risque de tomber dans l’excès. Le Seigneur nous invite alors à la capacité de reconnaître que c’est lui qui doit être le premier. Il nous invite à reconnaître notre propre fragilité pour qu’il puisse alors faire son œuvre. Et l’œuvre première de Dieu, son projet le plus radical, est celui de rassembler dans l’amour. Il ne s’agit pas que nous soyons tous pareils, mais il s’agit d’abord que nous ayons une attitude juste et ajustée.

Nous sommes invités à avoir l’humilité de reconnaître ce qui est fragile en nous et qui a besoin du Seigneur. L’humilité de reconnaître la richesse de ce que nous avons reçu. Et entrons dans cette école de Jésus qui nous fait reconnaître que chacun a quelque chose à apporter pour que le Royaume de Dieu soit une réalité visible parmi nous.

Que nous soyons capables d’accueillir l’autre, Dieu et ce que nous avons à vivre, dans la confiance. Car nous sommes tous appelés à cette résurrection des justes dont nous parle Jésus. Et qui nous fait entrer dans l’Espérance. Cette Espérance qui nous fait développer ce qui est bon en nous pour que nous soyons témoins de la vie et de l’amour de Dieu qui rassemble !

(Si 3, 17-18.20.28-29 ; Ps 67 ; He 12, 18-19.22-24a ; Lc 14, 1.7-14)

 


[1] THABUT, Marie-Noëlle. L’intelligence des Ecritures, 6. Page 306. Ed. Artège.

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