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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

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Marie, mère des douleurs. Mère de l'Espérance Vendredi Saint 2020

Marie, mère des douleurs. Mère de l'Espérance

Vendredi Saint 2020

«Près de la croix de Jésus se tenait debout sa mère… » (Jean 19, 25)

Jean est le seul à préciser que la mère de Jésus était là, debout, auprès de son fils. Aucun récit de la Passion du Seigneur, en revanche, ne dit que le corps de Jésus a été déposé dans les bras de sa mère. Pour autant, nous avons des représentations qui nous mettent en scène cet épisode.

Entre la descente du corps de Jésus de la croix et sa mise dans le tombeau, nous pouvons aisément imager quel aurait était le lieu le plus sûr pour un dernier repos pour le corps meurtri du Christ : les bras, les genoux de sa mère.

J’aime imaginer que les moments les plus vulnérables de la vie du Christ sur la terre : sa naissance et sa mort, ont étaient marqués par les mêmes gestes : le repos entre les bras de sa mère.

Pour Marie, ce fut la joie de l’accueil, à la naissance. Et la force de la consolation, à la mort. Dans les deux évènements, des interrogations, peut-être. Mais une certitude : Dieu est à l’œuvre.

Marie était là, au pied de la croix. Elle voyait, douloureusement, son fils mourir. Celui qu’elle a porté, aimé, soigné… L’évangile ne nous dit pas qu’elle était l’état d’âme de Marie. Sur elle, il y a le silence. Parfois, lorsque la douleur est trop grande, seul le silence peut nous aider à avancer. Pas après pas… comme Marie sur le chemin du Calvaire. Mais elle était là, debout ! L’évangéliste précise son attitude corporelle. Et cela est important. Debout ! Puisque son fils était lui aussi debout, sur la croix. Debout ! Puisqu’elle pouvait peut-être, au moins toucher ses pieds. Debout ! Comme pour lui dire : non, tu n’es tout seul ! Je suis là ! Moi, qui suis ta mère.

Mais avant tout, ce que nous voyons ici c’est une mère qui perd son fils. Elle le perd face à l’injustice. Elle le perd face au jugement des autorités politiques et religieuses. Elle le perd face à la méchanceté humaine. Elle le perd face à la puissance apparente de la mort.

Quel mot donner à cela ? Quel adjectif ? Il n’y en a pas ! Il n’y a que le ressenti. La douleur. Les questionnements. Il n’y a qu’un désir énorme d’aimer. De prendre soin. De donner sa propre vie, si c’était possible.

La scène décrite par Jean, nous fait entrer, en profondeur, dans le mystère de la mort. Mais nous laisse entrevoir un rayon d’espérance : « Femme, voici ton fils. » (Jean 19, 26b) Tu ne restes pas seule ! Femme, nous nous retrouverons !

Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai eu envie d’écrire sur cela. Mais je sais que tant de parents voient mourir leurs enfants. Que ça soit la mort physique, mais aussi la mort morale. La mort causée par des mots, de gestes, des silences. Et Dieu est là, debout, auprès de notre croix. Ou plutôt, il est là, debout, avec nous, sur la croix !

«Près de la croix de Jésus se tenait debout sa mère… » Signe de victoire. D’espérance. De la certitude que, même si tout est brouillardeux, Dieu est toujours à l’œuvre. Un rappel pour nous qui nous dit que dans les moments les plus vulnérables de nos vies, nous pouvons nous blottir contre cette mère qui connait la douleur d’avoir perdu un fils : Marie ! Et qui nous aide à attendre, dans la confiance, non sans les larmes parfois, mais à attendre qu’il y a toujours la Résurrection.

 

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