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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie pour le 6ème dimanche de Pâques |Année A|2020

Toute la première partie de ce chapitre de Jean (chapitre 14) que nous avons entendu la semaine dernière mettait l’accent sur la foi en Jésus. Sur le « croire » :  « que votre cœur ne soit pas bouleversé. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » Ici, l’accent est mis sur l’amour de Jésus, ou plutôt, l’amour envers Jésus : « si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. » Et ceci n’est pas une opposition. Il n’y a pas d’opposition entre aimer et croire. Surtout que je vais croire davantage si j’aime celui en qui je crois.

Dans notre monde contemporain le fait d’aimer est toujours montré comme quelque chose de purement subjectif. Comme un acte qui est posé vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose qui nous procure un certain plaisir, et surtout, qui ne nous pose aucune contrainte. Amour et plaisir vont de pair pour la conception de l’amour que nous avons aujourd’hui. Faut-il opposer amour et plaisir ? Bien sûr que non ! Mais comme toujours, Jésus nous pousse à aller plus loin ! A faire un pas de plus. Et ici, il met ensemble deux principes que nous jugeons aisément comme opposés : amour et commandements. Et il donnera une dimension nouvelle à l’acte même d’aimer. « Si vous m’aimez, - dit-il - vous garderez mes commandements. ».  La particule « si » est très importante! Car elle nous montre que, pour Jésus, l’amour s’exprime par la fidélité aux commandements. Autrement dit, l’amour s’exprime par le fait de croire que ce que le Christ nous commande est pour plus de vie. Car c’est là qui se trouve l’exigence d’aimer. Surtout lorsque nous nous rappelons qu’elle est son commandement : aimer lui, Jésus, et le prochain comme soi-même.

En regardant autour de nous et notre propre vie, nous nous rendons bien compte qu’aimer ce n’est pas facile. Cette exigence de l’amour est réelle. Tellement réelle que Jésus, toute suite après avoir dit aux disciples que le révélateur de l’amour qu’ils ont pour lui c’est le fait de garder (= suivre) ses commandements, prend les devants pour leur annoncer l’envoi du Défenseur, de l’Esprit de vérité qui sera là, toujours présent. Et c’est ce Défenseur qui rendra possible la fidélité à l’amour. Autrement dit, il rendra possible l’adéquation entre suivre le commandement du Christ, et aimer. Parce qu’il nous introduit dans la relation même entre Jésus et le Père. Et nous voilà au cœur même de la Trinité. Dans ce dynamisme d’amour réciproque qui entraîne et qui nous entraîne.

Cet Esprit qui continuera de transformer le cœur des disciples et qui continue de transformer notre propre cœur. Et c’est par lui que nous pouvons alors rendre compte de notre espérance, comme nous dit saint Pierre (Qui a été lui-même transformé par cet Esprit Saint). Et quel est notre espérance ? Nous l’avons chantée le jour de Pâques : notre espérance c’est le Christ. Le Christ ressuscité. Le Christ vainqueur de la mort.

Nous traversons une pandémie qui nous fait voir la fragilité de notre humanité. Mais qui peut aussi nous faire voir la fragilité de notre foi. Et comme il y a complémentarité entre croire et aimer, si nous voyons la fragilité de notre foi, nous pouvons aussi toucher la fragilité de notre capacité à aimer. Et nous sentir ainsi, démunis. Et c’est là où nous pouvons nous décourager. Tomber dans le piège de nous éloigner du Christ, de nous-mêmes et de nous éloigner les uns des autres. Et ainsi, ne pas « garder les commandements » que le Christ nous a offerts.

Je ne sais pas quelle est le moment que vous traversez, personnellement. Je ne connais pas les combats que vous vous livrez intérieurement, pour rester debout. Mais je sais que Jésus vous aime, personnellement. Il nous aime personnellement. Et si nous l’aimons, le Père nous aimera. La conséquence de l’acte d’aimer, pour plus difficile qu’il soit, est donc l’amour. Et dans cette vie qu’est la notre, nous avons le choix entre nous laisser entrainer par ce qui nous éloigne de l’autre, de Dieu ou nous laisser façonner, recréer, relever par l’Esprit Saint que Jésus nous a donné et qui habite en nous.

Et ce qui s’applique à nous, peut s’appliquer aussi à Jésus : s’il nous aime, il croit en nous !  Cela peut sembler bien trop simple. Mais la simplicité peut nous permettre de nous enlever les barrières qui nous empêchent d’ouvrir notre propre cœur à l’action de Dieu.

Nous sommes à quelques jours de la Pentecôte. Nous allons vivre ensemble la neuvaine préparatoire. Nous allons préparer notre cœur pour recevoir encore une fois l’Esprit de vérité. Lui, qui nous enseignera tout ! Qui nous fera souvenir de tout ce que Jésus a dit. Que par lui, nous redécouvrions que nous sommes profondément aimés. Aimés dans nos fragilités. Aimés dans nos vulnérabilités. Laissons-nous transformer alors par cet Esprit. Qu’il fasse tomber les murs de nos cœurs. Qu’il fasse de nous de témoins de l’espérance. Et que, par lui, cette parole de Jésus produise des fruits dans notre vie : « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerais, et je me manifesterai à lui. »

(Ac 8, 5-8.14-17 ; Ps 65 ; 1P 3, 15-18 ; Jn 14, 15-21)

 

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