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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie du 13ème dimanche du Temps Ordinaire | Année A | 2020

Parfois il m’arrive de me demander ce que je fais du message de Jésus. Parce que comme tout et chacun, je suis parfois prisonnier de mes principes, de mes points de vue, de ma manière d’interpréter selon mes états d’âmes ou mes connaissances ce que Jésus nous dit. Oubliant ainsi que sa Parole, La Parole, est vivante. Et c’est parce qu’elle est vivante qu’elle est principe de vie.

Aujourd’hui il nous est donné de contempler la figure du prophète, dans sa qualité de prophète, qui annonce la Parole, mais aussi, la figure d’un croyant, qui accueille la parole, dans sa qualité de croyant. Le prophète, celui qui annonce, et le croyant, celui qui accueille, qui pose un acte de confiance. Et Jésus vient nous rappeler, par cette parole de vie, que le seul amour véritable, est celui qui donne la vie. Prendre sa croix pour le suivre, n’est rien d’autre que donner sa vie. La donner dans la confiance, dans l’espérance et dans l’amour. Donner sa vie pour engendrer la vie. De cette manière là nous pouvons mieux comprendre lorsqu’il dit : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi… » nous savons bien qu’il ne nous dit pas qu’il ne faut pas aimer son père ni sa mère. Jésus n’interdit pas l’amour. Mais il nous rappelle que pour que notre amour soit bien ordonné, pour qu’il produise le fruit qu’il faut, il nous est nécessaire mettre Lui, Jésus, au centre. Aimer Jésus plus que tout n’est pas abandonner l’amour des autres, mais aimer Jésus plus que tout c’est aimer les autres de manière authentique, véritable et féconde. Je reviens à mes interrogations. Ici, Jésus, ne parle pas en parabole, ne fait pas de long discours, ne dis rien de manière cryptée. Il dit juste que nous devons lui mettre à la première place. Lorsqu’il est à la première place, au centre, au cœur, je pourrais alors aimer l’autre sans aucun filtre, sans vouloir le posséder. En même temps, mettre Jésus au centre c’est accepter d’être déplacé, bousculé. Accepter de quitter nos zones de conforts, nos propres sécurités.

Cet exercice, ce choix de mettre Jésus au centre, n’est pas si évident que cela. C’est difficile car nous avons nos catégories bien établies par lesquelles nous regardons le monde et les autres. Lorsque le Christ n’est pas au centre, même le simple exercice de donner un verre d’eau, peut s’avérer difficile. Puisque cela exige la relation, qui nous oblige à nous quitter nous-mêmes, à nous oublier! Et c’est pour nous aider à avancer sur ce chemin là que nous avons besoin de nous rappeler qui nous sommes : nous sommes des enfants bien-aimés de Dieu. Qui avons passé par la mort avec Jésus pour entrer dans la vie. « La folie de la foi chrétienne ne se situe pas du côté des affirmations métaphysiques – du savoir - : c’est tout simplement la foi en la résurrection de la chair. » Cette résurrection dont nous sommes héritiers par le baptême.

Ce que nous célébrons aujourd’hui, ensemble, le baptême de Rebecca, est pour nous le signe que la parole de Dieu agit. Elle agit dans le secret des cœurs. Elle agit en nous et à travers nous. A condition que nous ne la rendions pas prisonnière. Car emprisonner la parole de Dieu dans nos catégories à nous, c’est emprisonner le Christ lui-même. C’est choisir de « gagner sa vie » et manquer la possibilité de « perdre sa vie » pour le Christ, autrement dit, de ne pas rester à l’ombre de la croix, source de vie ! Voilà ce qu’est le baptême : passer sa vie à l’ombre de la croix du Christ, en lui présentant ce que nous portons. Qu’avons-nous à lui présenter aujourd’hui ? Quelle zone de confort avons-nous à quitter pour entrer sur le chemin de la vie ? Pour être, véritablement, les héritiers du Royaume ?

 

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