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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie du 29ème dimanche du temps ordinaire | Année A | 2020

La question insidieuse posée par les pharisiens et les hérodiens à Jésus, a pour seul but de le piéger, comme dit le texte lui-même, ils sont allés « tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. » Et pour ce faire ils ont posé une question qui, d’après eux, ne pouvait avoir que 2 réponses possibles : oui ou non. L’une et l’autre réponse attireraient les foudres sur Jésus. Et au-delà de la question, ce qui se passe ici c’est la mise en relief de l’éternelle notion du pseudo conflit entre le divin et le terrestre. Entre le pouvoir temporel et le spirituel. Et la suprématie de l’un sur l’autre. D’où la grandiosité de la réponse de Jésus. Les pharisiens voulaient « faire parler Jésus » et Jésus, non seulement n’est pas tombé dans le piège, comme il leur a ouvert une porte vers une promesse de vie.

Nous savons déjà que Jésus dérangeait. Qu’il appuyait là ou ça fait mal. Qu’il osait dire les choses pour faire basculer la balance vers ceux qui étaient exclus, mis de côté, et faire en sorte que ceux qui étaient dans leurs idéologies ou certitudes simplement humaines, puissent entrer sur un chemin de conversion. Ceux qui ont tendu un piège à Jésus voulaient l’enfermer dans la dualité du « permis/défendu ». La réponse de Jésus est donc troublante pour ses éditeurs, elle est déroutante et affreusement juste. Elle dépasse d’emblée, justement, le niveau du permis/défendu.

« Sa double recommandation révèle à la fois son acceptation de l’existence des règnes provisoires de notre monde et son attitude critique à leur égard : « rendez à l’Etat ce qu’il faut, tout ce qu’il faut, et rien que ce qu’il faut ». Plus profondément, Jésus renvoie ses adversaires à eux-mêmes : « Rendez à Dieu ce qui lui revient, c’est-à-dire, toute votre personne. » Donner à Dieu toute notre personne c’est lui donner ce qui lui appartient. C’est lui rendre la monnaie de son amour, c’est-à-dire, lui rendre le don que nous sommes pour devenir davantage, don. Et c’est cela que nous voyons exprimés dans les autres lectures. Que ça soit dans la première lecture qui nous rappelle que Dieu nous appelle par notre propre nom ; ou dans la deuxième où Paul rend grâce pour le don de la vie de ses frères : « sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur… »

Jésus met ceux qui le questionnaient en face de leurs propres responsabilités, et donc, il nous met nous aussi. Ce n’est pas une question de permis ni de défendu mais de ce qui est ajustée. Et par là même, la question de la place que nous lui donnons dans notre vie. Et la réponse de Jésus dépasse cette dualité parce qu’il nous rappelle qu’il faut donner à César ce qui est passager, et seulement passager. Et donner à Dieu ce qui ne passe pas ! Notre personne tout entière ! C’est une invitation à ne pas avoir peur de laisser Dieu prendre toute la place ! De lui donner tout notre être, pour que notre foi soit active, que notre charité se donne de la peine et que notre espérance tienne bon, dans cette traversée qu’est la notre. Cette traversée que nous ne vivons pas seuls ! Donnons à Dieu ce qu’est à Dieu ! Donnons-lui notre propre personne !

(Is 45, 1.4-6 ; Ps 95 ; 1Th 1, 1-5b ; Mt 22, 15-21)

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