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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie pour la fête de rentrée 2020/2021 | Année A | 2020

Avant que saint François n’entende l’appel du Seigneur pour rebâtir son Eglise, il a d’abord été attiré par celui qui l’appelait. Et en se laissant attirer par le Seigneur, il est devenu lui-même « attirant » pour le Seigneur. Autrement dit, le rayonnement de saint François est la conséquence de sa relation avec le Christ. Cette relation qui est allé jusqu’à l’identification la plus totale. L’abime d’amour du Christ a rencontré l’abime assoiffé d’amour de ce jeune homme d’Assise. Et c’est au nom de cet amour envers Dieu que saint François s’est donné entièrement aux autres. Dans sa vie contemplation et action ne se font pas concurrence. Chacune tient la place qui lui revient. La prière, l’attitude du disciple, cette conversation amoureuse entre nous et Dieu vient nourrir son action, son être missionnaire. Et inversement. A l’image de Jésus dans l’évangile que nous venons d’entendre : «Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » Jésus nous dévoile ici son intimité. Sa prière. Sa relation avec ce père aimant. Et sa prière est nourrie par ce qu’il voit : que les tout-petits sont capables de voir les secrets du royaume de Dieu.

Cette vie dans le Christ, cette vie que vous avez toutes les deux choisies, Méline et Andréa, cette vie n’est pas un conte de fées, ni une certitude que les épreuves et les difficultés ne feront plus partie de votre vie. Mais cette vie dans le Christ que nous avons chacun de nous choisie, est la certitude que Dieu marche avec nous et donc, que nous sommes appelés à entrer dans l’Espérance. A être signes de visibles de Jésus dans le monde. La question que nous pouvons nous poser tous les jours est justement celle-ci : en tant que chrétiens, disciples de Jésus, qu’est-ce que je donne à voir ? Nous ne sommes pas de super héros, certes. Mais nous ne sommes pas non plus des perdants mais des hommes et des femmes portant la plus grande richesse que nous pouvons avoir : la foi, l’espérance et la capacité à aimer. Nous sommes des hommes et de femmes capables de recevoir, et de donner. D’être disciples et d’être missionnaires.

L’invitation à devenir disciple-missionnaire, à mettre la main dans la pâte s’adresse à chacun de nous. Et, d’une certaine manière, comme saint François, nous sommes appelés à restaurer l’Eglise, rappeler le pourquoi de son existence: elle est une mère qui prend soin de ses enfants. Qui prend soin de tous, sans exclure personne. Et l’Eglise est le corps du Christ, donc, chacun de nous ! L’appel de saint François est une invitation à revenir à l’essentiel, à l’Evangile. Et l’appel de l’Evangile passe par le don de soi pour l’autre. Et comment vivre cela dans cette traversée qu’est la nôtre aujourd’hui où nous pouvons avoir peur, constamment ? Un moment où nous sommes dans une constante insécurité. En tant que communauté qui prie ensemble, qui célèbre ensemble, qui avance ensemble… ne laissons pas que la peur ait raison de nous. Ne nous laissons pas entrainer par un découragement suscité par des discours sans avenir. Mais laissons-nous attirer par la Croix du Christ. Car elle est le signe que la vie triomphe toujours ! Et rappelons-nous de cette invitation de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. »

L’appel du Christ à François d’Assise est adressé à chacun de nous aujourd’hui : va et rebâtit mon Eglise ! Dans un monde qui cri pour plus de fraternité, nous sommes appelés, je dirais même, nous sommes convoqués à être signes d’amour, face à la haine. Signes de réconciliation, face à l’offense. Signes d’unité, face à la discorde. Signes de foi, face au doute. Signes de vérité, face à l’erreur. Signes d’Espérance face au désespoir. Signes de joie face à la tristesse. Signes de vie face à la mort. Signes de partage face à l’égoïsme intrinsèque de l’humanité. Car ce dont le monde a besoin aujourd’hui ce n’est pas d’un rapport de force pour montrer qui est le plus grand, le plus intelligent ou le plus instruit! Puisque Dieu cache ses secrets aux plus grands et au plus sages ! Mais le monde, donc nous, nous avons besoin de témoignages qui redonnent le goût à la vie, des paroles qui nous font entrer à nouveau dans l’espérance. Voilà le trésor de l’Eglise. Être témoin de vie, d’espérance et d’un véritable amour qui se donne jusqu’au bout ! Et que notre seule fierté soit la Croix du Christ !

(Pour la fête de rentrée nous célébrons la solennité de Saint François d'Assise, saint patron de la paroisse. Nous prenons donc les lectures de la mémoire.)

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