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Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie pour le jeudi saint 2021 | Année B

 

La célébration du triduum pascal déploie devant nous tout l’événement du salut : la passion, mort et résurrection du Seigneur. L’événement de notre libération ! Trois aspects essentiels de notre vie chrétienne sont mis en lumière pendant ces 3 jours. Il s’agit de la foi, de l’espérance et de la charité. Ces trois vertus sont, certainement, imbriquées les unes aux autres mais nous pouvons voir aussi que dans ce que nous allons vivre chaque jour, l’une des trois peut être mise davantage en avant.

Ce soir, nous pourrions aller facilement vers la charité. Ce geste suprême de Jésus de s’abaisser et laver les pieds de ses disciples est un acte d’amour redoutable, non seulement parce que c’est Jésus qui le pose, mais parce qu’il nous demande de le faire. Mais je ne veux pas parler, d’abord, du geste de Jésus, pour l’instant.

Le fil rouge de chaque lecture que nous avons entendu est, justement, la foi ! Cette vertu qui nous permet de faire un pas avec confiance, même si tout est obscurité autour de nous. Elle est ce don qui nous est offert pour que nous puissions vivre avec cette certitude que nous ne sommes pas seuls ! Et combien nous avons besoin de le savoir aujourd’hui, que nous ne sommes pas seuls ! Mais pour que la foi produise des fruits, il est nécessaire que nous posions un acte. Poser un acte c’est un mouvement volontaire, de préférence réfléchi. Et ce soir nous sommes témoins d’une succession d’actes de foi : l’acte de foi du peuple d’Israël, qui attend le passage de l’ange de Dieu et leur libération. L’acte de foi de Paul, qui a cru et transmis ce qu’il n’a pas vu personnellement, mais il a cru. L’acte de foi des disciples, qui ont laissé que leur maître leur lave les pieds. Et tout particulièrement, l’acte de foi de Pierre, qui, à la simple explication de Jésus « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » A cette simple explication, il a laissé Jésus lui laver les pieds. Et je dirais même, l’acte de foi de Jésus, compris ici comme la capacité à faire confiance. Jésus n’a pas abandonné les siens même au risque d’être abandonné et de rester seul. Car il savait que « le Père avait tout remis entre ses mains. » Et qu’il ne serait pas abandonné. Et dans tous ses actes, une chose est commune : la relation profonde et personnelle que chacun avait avec le Seigneur et la manifestation de cette relation dans leur vie quotidienne avec les autres.

Le don de la foi nous aide à ne pas entrer dans une dynamique d’auto-suffisance ou de volonté de tout maîtriser. La foi nous empêche de rester enfermés dans nos peurs de nous laisser voir, tel que nous sommes, même avec nos impuretés. Dans les textes que nous avons entendus ce soir, le seul qui ne se laisse pas regarder par Jésus, ni par ses frères, est celui qui va les trahir : Judas. Se laisser regarder, véritablement, lui aurait permis de voir Jésus avec un autre regard. Mais il a préféré l’enfermer en ce qu’il pensait être sa vérité.

Nous sommes là, ce soir, pour poser, nous aussi, un acte de foi. Celui de croire que le pain et le vin consacrés, deviendront le corps et le sang du Christ. Consacrés par le prêtre, indépendamment de ses qualités ou de ses défauts. Ce corps du Christ qui nous unit dans un seul et même corps. Où nous sommes appelés à voir l’autre avec un regard confiant. Ce corps du Christ qui fait de nous unité, famille. Et qui nous pousse à poser sans cesse des actes de foi, à entrer dans la confiance. A braver les sentiers intérieurs qui nous empêchent de voir la Lumière. Ce soir, Dieu se donne une fois de plus, et il nous fait confiance. Il se donne et nous sommes invités à nous donner à notre tour ! A faire confiance, même si autour de nous c’est la plus grande obscurité. Nous avons la lumière de la foi qui nous guide et qui nous permet d’avancer ensemble vers celui que, d’une certaine manière, a posé l’acte de foi le plus grand de l’histoire : croire en l’humanité, envers et contre tout. Croire en chacun de nous ! Faire confiance, comme il a fait en appelant les disciples. Car il sait que c'est en lui qui repose notre foi. Que ce soir, comme Pierre, nous puissions permettre au Christ de laver nos pieds et même si nous ne comprenons pas tout, tout de suite, que nous nous laissions faire par celui qui est la source, le fondement et le sommet de notre foi, Jésus. Et que nous posions l’acte de foi de croire que le Christ est là ! Que nous osions croire en la puissance de sa présence. Que nous osions croire en la puissance de la fraternité, la fraternité vraie, qui met le Christ au centre et nous met au service les uns des autres. 

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