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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie du 29ème dimanche du Temps Ordinaire │Année B │2018

Nous pourrions dire que Jacques et Jean sont bien gonflés de demander une telle chose à Jésus « accorde-nous de siéger l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » En effet, Jésus venait d’annoncer à ses disciples, pour la troisième fois, sa passion, sa mort et sa résurrection. Et ceux-ci n’ont peut-être pas vraiment saisi de quoi il s’agissait. Ce qu’ils savaient c’est qu’ils attendaient le messie, le libérateur. Celui qui allait leur permettre de quitter le joug de la domination romaine et aussi mettre un terme à toutes leurs souffrances. Jésus était le messie, mais pas celui qu’ils s’attendaient !

Jacques et Jean on juste essayé d’être rassurés. Pour demander une telle chose, ils reconnaissaient, certainement, l’autorité de Jésus et sa capacité de changer les choses, mais il leur fallait encore grandir dans la relation avec lui. Découvrir davantage qui était Jésus. Cette découverte va s’intensifier dans le drame de la Croix et dans la joie de la Résurrection. Et ils vont découvrir qu’être le plus grand ou le premier n’a aucun intérêt si cela ne porte pas des fruits de vie ! Ils vont découvrir que peu importe si on est à « droite » ou à « gauche », l’important c’est d’être avec !

Face à l’indignation des dix autres, Jésus leur donnera la clé qui leur permettra de ne pas faire comme les « chefs des nations païennes » qui utilisent leurs autorités pour alourdir le cœur de ceux qui sont sous leurs responsabilités. En mettant une distance telle que l’autre disparaît au profit de leurs propres intérêts.

Jésus va changer leurs logiques. Il va permettre à ses disciples de se rendre compte qu’il n’était pas celui qui allait prendre les armes, mais celui qui allait opérer la libération la plus importante que soit : celle du cœur. Souvent prit au piège de l’orgueil, de l’indifférence et de nos soucis.

Concrètement, par sa vie donnée, Jésus montrera à ses disciples, que la vraie autorité est celle qui se met au service. « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. » Et Jésus lui-même se présente comme ce serviteur « le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir… » Il est celui qui est capable de nous libérer du poids qui nous écrase. Et il peut le faire parce qu’il a été lui-même « éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance. » Il n’est pas extérieur à notre souffrance. Il ne la regarde pas depuis une salle VIP. Il la porte avec nous. Et elle est là, son autorité, dans sa capacité de nous faire grandir. Non sans exigence, car il n’y pas de croissance sans exigence. Mais il n’y pas de croissance non plus sans une reconnaissance ni sans une relation véritable. Et cette croissance est exigeante car elle passe par notre conversion. Cette conversion que nous devons vouloir chaque jour car Dieu n’agit pas malgré nous. Notre changement de regard. Notre capacité à accueillir ce que, spontanément, nous laisserions de côté, à cause de nos grandes certitudes ou de nos peurs, ou indifférences. Reconnaître que toute occasion est une occasion pour grandir.

Le Seigneur nous invite chacun à ce changement de regard, sur Lui, sur nous-mêmes, et sur l’autre. Il nous invite chacun à vivre cette démarche de confiance. A poser cet acte de foi qui nous permet de faire un pas de plus dans cette croissance, parfois douloureuse, mais cette croissance qui nous permettra de porter des fruits. Et de trouver le véritable sens de notre vie : celui de se donner à l’autre et de se recevoir de lui et de Dieu. Car l’amour du Seigneur est sur nous, que notre espoir soit alors, en Lui !

(Is 53, 10-11 ; Ps 32 ; Hb 4, 14-16 ; Mc 10, 35-45)

Image: http://www.lapin-bleu.croixglorieuse.org

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