HOMÉLIE DE LA SOLENNITÉ DE L’ASCENSION DU SEIGNEUR – Année A

(Au Brésil, l'Ascension du Seigneur est célébrée le dimanche qui suit le jeudi de l'ascension)

J’aimerais que nous revenions sur quelques moments de notre cheminement depuis le début de cette année liturgique : pendant l’Avent, nous avons préparé notre cœur à accueillir le Christ à travers cette promesse de « l’Emmanuel, Dieu avec nous ». Ensuite, nous avons accompagné la mission publique de Jésus jusqu’au Carême, préparant notre cœur à sa passion, sa mort et sa résurrection. Là, nous avons vécu cet « aimer jusqu’au bout » auquel Jésus nous invite, car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». Et dans chacune de ces expériences, nous avons compris que le Seigneur nous invitait à élargir notre cœur, à accueillir chacun comme un frère et une sœur, à regarder au-delà de ce que nous pouvons voir. Mais quel lien tout cela a-t-il avec la liturgie d’aujourd’hui ?

Tout ce que nous contemplons aujourd’hui est à la fois un résumé de tout ce que nous avons vécu jusqu’ici et un envoi en mission. En particulier, dans l’Évangile, nous voyons cette promesse du « Dieu avec nous » se renouveler, au moment même où se consolide la force de cet « amour qui aime jusqu’au bout ». Lorsque Jésus affirme : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde », il nous dit qu’il est le « Dieu avec nous », celui qui marche avec nous, qui demeure avec nous et qui, en même temps, nous manifeste son amour infini, un amour qui nous accompagne « jusqu’au bout ». Et cela nous interpelle. Cela nous appelle à passer d’une foi confortable, qui se contente de consommer ce qui nous est proposé, à une foi en mouvement, une foi missionnaire. Voilà l’un des grands appels que nous recevons aujourd’hui : cesser d’être des disciples consommateurs pour devenir des disciples missionnaires. Et tout ce que l’Évangile nous montre nous conduit à cela.

Jésus demande aux disciples d’aller en Galilée. Pourquoi ? Parce que c’est là qu’il est né, qu’il a grandi et qu’il a commencé sa mission. Est-ce la seule raison ? Non. La Galilée était aussi connue comme le « carrefour des nations », c’est-à-dire un lieu où se rencontraient des personnes venues de partout. Et avant d’affirmer sa présence auprès des siens « jusqu’à la fin », Jésus les envoie en mission : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples. » Ainsi, le lieu où les disciples ont commencé à connaître Jésus devient aussi le lieu du commencement de cette mission nouvelle à laquelle ils sont envoyés. Ils doivent à la fois élargir leur cœur, marcher dans la confiance et accomplir la mission laissée par Jésus. Et tout commence là, dans le lieu de la vie quotidienne, là où notre existence se déroule.

Entre l’envoi et la promesse, l’Évangile nous révèle aussi que « certains eurent des doutes ». Comme pour nous rappeler que nos certitudes peuvent parfois être ébranlées par le doute, mais que le doute fait aussi partie de la rencontre et du cheminement. Et comment le dépasser ? Par une foi incarnée, une foi concrète dans la réponse que nous donnons au Seigneur : ne pas être des « consommateurs de la foi », mais des missionnaires envoyés par Lui. C’est exactement ce qu’ont fait les disciples. Si, lors de l’Ascension de Jésus, ils étaient restés les yeux fixés uniquement vers le ciel, ils ne seraient pas devenus témoins de Jésus par leur mission. Et la venue de l’Esprit Saint aurait été vaine, car il vient afin que les disciples deviennent témoins de Jésus « jusqu’aux extrémités de la terre ». Et cela vaut aussi pour nous.

La promesse de l’Esprit Saint est destinée à ceux qui répondent au « Allez » de Jésus. Nous devons apprendre à vivre cette tension entre les yeux tournés vers le ciel et les pieds solidement ancrés sur la terre. Car notre vie se déroule dans le présent. Et tout ce que Jésus nous a promis s’accomplit dans notre propre Galilée : notre vie quotidienne, au carrefour de nos rencontres. Et pour entrer dans la dynamique du Royaume du Christ, nous devons être vrais avec nous-mêmes et passer d’une vie de « consommateurs de la foi » à une relation de disciples-missionnaires, qui devient concrète dans l’amour véritable envers nos frères et sœurs, acte concret de témoignage auquel nous sommes appelés.

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