29 Mars 2026
/image%2F2381903%2F20260329%2Fob_6dedd2_copia-de-celui-d-entre-vous-qui.jpg)
Mt 21, 1-11
« Qui est cet homme ? » demandèrent ceux qui virent Jésus entrer à Jérusalem acclamé par le peuple. « Qui est cet homme ? » qui, encore aujourd'hui, interroge, appelle, attire, conquiert et suscite tant d'admiration. « Qui est cet homme ? » pour qui tant de personnes sont persécutées, d'autres rejetées ? « Qui est cet homme ? » qui nous a fait sortir de chez nous, rameaux en mains, pour marcher en l'acclamant ?
Nous savons que c’est Jésus. Nous savons que c’est notre Dieu qui est venu jusqu’à nous. Nous le savons. Mais qui est-il réellement pour nous, aujourd’hui ? Que change-t-il véritablement dans notre vie, aujourd’hui ?
Aujourd’hui, c’est nous cette « ville en agitation » et, en nous demandant « qui est cet homme, Jésus ? », nous pouvons aussi nous demander « qui sommes-nous », « qui es-tu ? ». Que sommes-nous venus faire ici aujourd’hui ? Qu’es-tu venu chercher aujourd’hui ?
Que sommes-nous venus chercher ? Un rameau pour décorer notre maison ? Ou pour protéger notre foyer ? Ou pour chasser le mauvais sort ? Si c’est pour cela, tu peux repartir. Car ce n’est pas cela que signifient ces rameaux.
Reste seulement si tu es venu pour accompagner Jésus dans sa passion, sa mort et sa résurrection. Ces rameaux signifient le début de notre marche dans cette « Grande Semaine » qui commence aujourd’hui. Ces rameaux que nous allons agiter vers le ciel signifient le début de cette marche qui nous conduira jusqu’à la Résurrection ; marche de Jésus faite de souffrance, de trahisons, de jugements… comme peut l’être aussi notre propre chemin.
La marche de Jésus est surtout une marche d’espérance, de foi, de charité et de victoire de la vie. Comme nous sommes appelés à vivre notre propre chemin.
Alors restons, restons ensemble et marchons. En agitant nos rameaux. En louant et en chantant, mais par amour, pour accompagner Celui qui nous a aimés le premier : Jésus Christ.
Et en vivant cette procession et la messe qui suivra, lorsque nous rentrerons chez nous, ce rameau que tu portes ne sera pas un signe de « protection magique », mais le signe que dans cette maison vit un disciple de Jésus, qui marche avec Lui, qui Lui fait confiance et qui fait de Lui son fondement et son ami.
Alors marchons, mes frères et mes sœurs. Mais avant cela, faisons silence et demandons-nous : « Qui est cet homme pour qui je suis ici ? Et qui suis-je devant Lui ? »
Que la marche extérieure que nous allons vivre fasse « marcher » notre cœur afin que nous devenions de véritables disciples, témoins d’espérance, de foi, de fraternité et de charité.
Ainsi, « mes frères et mes sœurs, imitant le peuple qui acclama Jésus, commençons avec joie notre procession. »
Is 50, 4-7 ; Ps 21 (22) ; Ph 2, 6-11 ; Mt 27, 14–27,66
La Carême terminé, notre itinéraire nous conduit jusqu’ici. Beaucoup d’entre nous ont accompagné, dimanche après dimanche, ce que la liturgie nous proposait et comment chaque rencontre et chaque situation de l’Évangile faisait écho à notre vie quotidienne. Nous avons traversé le désert, nous sommes montés sur la montagne de la Transfiguration, nous avons été témoins du changement de vie de la Samaritaine et de la résurrection de Lazare.
Chacune de ces étapes nous a conduits jusqu’à aujourd’hui : rameaux en mains, acclamations sur les lèvres, dans une joie déjà mêlée d’une certaine gravité.
L’entrée triomphale de Jésus est suivie par l’annonce de sa Passion et de sa Mort. Celui dont nous demandions « qui est cet homme ? » révèle encore plus fortement qu’il est Dieu fait homme pour rencontrer et élever notre humanité vers Lui. Notre humanité qui se déploie dans chaque scène de l’annonce de la Passion. Une humanité qui se révèle avec tout ce qu’elle peut avoir de grand, mais aussi de fragile et de vulnérable.
Tandis que Jésus se montre décidé, obéissant, désireux de l’amour de ceux qui le suivent, connaissant le sens profond de son geste d’abandon, ceux qui sont là sont confrontés à leurs peurs, leurs frustrations, leurs convoitises et leurs égoïsmes, et se laissent vaincre par eux.
Tout ce que nous allons traverser durant cette Semaine nous révèle l’amour profond de Dieu pour nous, mais aussi combien nous sommes fragiles et combien notre humanité a besoin de se laisser transformer par le Christ.
Nous pourrions rester distants de tout ce qui nous a été proclamé aujourd’hui, en voyant tout cela seulement comme le souvenir de quelque chose qui s’est passé. Mais si nous nous regardons avec sincérité, combien de fois sommes-nous semblables à ceux qui étaient là avec Jésus ?
Combien de fois n’avons-nous pas été traîtres comme Judas ; peureux comme Pierre ; avides comme les autorités religieuses ; faibles comme Pilate ? Face à ce qui valait la peine, à ce qui nous appelait à la vie ?
Combien de fois avons-nous oublié que nous sommes la raison pour laquelle Jésus a traversé la Passion et la Mort, non pour nous rendre des chrétiens tristes ni pour nous faire sentir indignes, mais pour que nous sachions que le Christ a donné sa vie pour chacun de nous ; et que cela doit être pour chacun une possibilité de renouveler nos forces, de retrouver l’élan, car le geste de Jésus, dans son don total, nous permet de comprendre que notre vie n’a de sens qu’avec Lui.
Et quoi que nous traversions — peur, douleur, frustration, angoisse — nous le traversons avec Lui. Et Il nous a montré que ce qui l’emporte à la fin, c’est la vie.
Ainsi, mes frères et mes sœurs, « qui est cet homme » que nous sommes venus accompagner et célébrer aujourd’hui ? Nous savons qu’il est le Fils de Dieu, qu’il est Dieu. Mais qu’est-ce que cela change dans notre humanité ? Dans notre vie ? Comment rentrerons-nous chez nous ?
Je vous fais une invitation : que cette Semaine Sainte ne soit pas seulement un ensemble de célébrations, mais qu’elle soit réellement un chemin dans la découverte de Jésus. Que chacun revienne chaque jour, dans chaque célébration, pour vivre profondément cette période avec foi, espérance et charité, afin que notre humanité se laisse transformer par Celui qui nous a aimés jusqu’au bout.
Et que, tous ensemble, nous puissions proclamer dans la nuit sainte de la Résurrection :
« Il est vraiment le Fils de Dieu », celui qui transforme notre vie.