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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélie du 24ème dimanche du Temps Ordinaire│Année B│2018

Je voulais vous partager quel est mon désir le plus profond lorsque je célèbre l’Eucharistie: Celui que chacun d’entre nous puisse être renouvelé dans sa foi, fortifié dans sa capacité d’aimer et avoir un regard plein d’Espérance face aux difficultés et aux épreuves que nous pouvons traverser. Et tout cela ne peut se passer que si et seulement si nous nous laissons toucher et transformer par le Seigneur.

Chacun de nous, dans notre vie quotidienne, nous traversons des moments difficiles, des moments de doutes, des journées où nous avons l’impression que le ciel nous tombe sur la tête. Chacun de nous, nous avons des moments douloureux dans la vie, et parfois même, des moments si douloureux qui laissent de marques profondes dans notre cœur. Et là, j’ai envie de vous demander : à ces moments-là qui est-il le Christ pour vous ? Parfois, à un moment donné, il est juste le Fils de Dieu. Dieu fait homme pour venir nous sauver. Ce qui, en soi, est une belle réponse, avec le danger que ça peut rester que dans l’ordre du savoir. Mais qui est-il lorsque je souffre ? Qui est-il lorsque nous sommes confrontés aux difficultés de la vie ? Est-il, pour nous, une absence ? Ou est-il celui qui porte notre croix avec nous. Celui en qui je crois et en qui je mets ma confiance ?

Dans l’évangile que nous venons d’entendre, nous lisons que Jésus pose cette question à ses disciples « chemin faisant… » J’aime beaucoup cette précision apportée par l’évangéliste. Il n’était pas obligé de la mettre. Mais je vois dans cette expression la symbolique de la vie. Sur ce chemin qu’est notre vie, quelle est la relation que j’ai avec le Christ ? Pour que nous puissions répondre véritablement à une question comme celle-ci, cela suppose que nous ayons une relation avec la personne de Jésus.

Dans notre relation à lui, le Christ ne nous demande pas que nous cochions des cases, il nous demande de renoncer à nous même, de prendre notre croix et de le suivre. Dans notre vie, « chemin faisant », nous avons des occasions bien précises où nous renonçons à nous-mêmes, parfois même sans se rendre compte. Lorsque nous parlons de renoncer à soi, nous pouvons être tentés de penser en négatif. Alors que le véritable sens de cela c’est la capacité que nous avons à aimer. Lorsque l’autre prend une importance telle que nous ne serions pas heureux véritablement s’il ne l’est pas non plus. Par exemple, la mission d’être parents, c’est renoncer à soi-même. La mission d’être ami, d’être époux, épouse… chaque fois que nous voulons que l’amour soit à la première place, cela veut dire que nous devons renoncer à nous-mêmes. Et cela n’est pas si évident que ça. Cela nous demande de l’effort. Et cela suppose aussi qu’il y aura des moments où nous n’arriverons pas. Et c’est à ses moments là où il nous est important de nous rappeler, le Christ, qui est-il pour moi ? Et « chemin faisant », jour après jour, nous pouvons apprendre à grandir, à lui donner la place qui lui revient et à lui dire, Jésus, pour moi, tu es mon ami ! Sans se soucier de qui est-il pour la foule, qui parfois ne le connais même pas. Si nous savons la place que le Christ a dans notre vie, alors nous pourrons, véritablement, accepter que la croix que nous portons n’est pas absence de vie, même si elle peut être douloureuse, mais au contraire, elle est le lieu duquel peut jaillir la vie. Si nous savons, véritablement, quelle place occupe le Christ dans notre vie, nous pourront alors, « chemin faisant », goûter davantage les belles et bonnes choses, et traverser, dans la confiance, les moments les plus difficiles. Cette confiance qui n’est pas si évidente, mais qui est possible si nous nourrissons notre relation avec Jésus.

Notre témoignage repose sur cette capacité que nous avons de ne pas subir ce que nous avons à vivre, mais de le vivre avec cette confiance que nous ne serons pas confondus. De le vivre avec cette confiance qu’il y a une éternité à laquelle nous sommes appelés. Et ça vaut le coup de donner sa vie pour un véritable ami ! Ça vaut la peine de se « battre », pas pour une cause, car le Christianisme n’est pas une cause, mais pour une personne, Jésus. Car lui seul est capable de transformer notre épreuve, en puissance de vie !

Que le Seigneur nous donne la grâce, aujourd’hui, d’être renouvelés dans notre foi, qu’il élargisse notre capacité d’aimer, que face aux réalités dures de la vie, il nous aide à avoir un regard plein d’Espérance. Et que « chemin faisant » on puisse avoir le courage de renoncer à nous-mêmes, de prendre notre croix et de le suivre. Car lui, il est le chemin, la vérité et la vie !

(Is 50, 5-9a ; Ps 114 ; Jc 2, 14-18 ; Mc 8, 27-35)

Image: http://lapin-bleu.croixglorieuse.org/dessins-de-la-semaine/annee-b/b-temps-ordinaire/annee-b-temps-ordinaire-24eme-dimanche-2/

 

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