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Méditations

Publié par El Padre

Face à la mort, nous sommes vaincus par le silence. Ce silence qui est la manifestation de notre tristesse, de notre incompréhension, de nos questionnements. Face à la mort, bien souvent, nous sommes confrontés à nos « pourquoi », à nos manquements culpabilisants, à notre incapacité à aimer comme on voudrait. Face à la mort, nous pouvons avoir le sentiment que le néant a emporté sur la vie.

Hier soir nous sommes entrés dans cette démarche de foi qui nous invite à regarder au-delà des apparences. Cette foi qui nous permet d’entrer dans la confiance. Aujourd’hui nous suivons Jésus dans sa Passion, nous l’accompagnons dans son chemin de croix jusqu’au dernier souffle. Et malgré l’apparent échec face à la mort, ce chemin est un chemin d’Espérance. Chaque pas de Jésus, chaque parole, chaque regard, chaque geste, vient provoquer en nous notre désir d’espérer contre toute attente. Il vient réveiller en nous notre désir d’avancer.

Sur le chemin de la Passion nous pouvons voir aisément un acte d’amour suprême, un acte d’amour présent dans le présent de notre histoire. Mais cet acte-là, ne peut nous porter que si notre regard est tourné vers ce qui n’est pas encore visible. Le chemin de croix de Jésus est un chemin d’Espérance car il tourne notre regard et notre cœur vers ce qui ne passe pas. Et c’est le don de l’Espérance qui nous permet, à nous, parfois désespérés par tant de maux et de souffrances, c’est ce don de l’Espérance qui nous permet d’avancer sur nos propres chemins de croix à nous, avec le Seigneur, en regardant au-delà de ce qui se laisse voir pour arpenter, avec le Christ, les chemins sinueux de notre propre histoire. Car « l'Espérance voit ce qui n'est pas encore et qui sera. » Comme Marie, auprès de la croix. « Elle aime ce qui n'est pas encore et qui sera. Dans le futur du temps et de l'éternité.[1] »

« L’Eglise fête la Passion de son Seigneur avec émotion et gravité. [2] » Et cela doit être ainsi car nous faisons mémoire de la mort de celui qui, sans avoir commis aucune faute, a donné sa vie. L’Homme, rejeté ! Mais le sacrifice de Jésus vient justement resignifier la mort elle-même. Nous savons qu’il est victorieux de la mort. Roi, victorieux !  Ainsi, notre propre tristesse face à la mort n’est plus une tristesse pleine de désespoir, mais une tristesse « dominée par la certitude paisible[3] » que la mort n’est plus un point final ! Déjà sur la Croix, il y a la victoire cachée de la Vie. C’est l’inauguration de l’Espérance enracinée dans la Foi en ce Dieu qui est venu jusqu’à nous pour nous élever jusqu’à Lui.

Contemplons la Croix avec ce regard renouvelé. Demandons au Seigneur la grâce d’entrer dans cette Espérance nouvelle qui a jailli de son cœur ouvert. Offrons-lui notre propre cœur. Soyons, aujourd’hui et demain, disciples de Jésus de Nazareth, le crucifié ; soyons pour notre monde et les uns pour les autres, témoins de l’Espérance. De l’authentique Espérance qui a été inaugurée sur la Croix !

 

[1] Charles PEGUY. Le porche du Mystère de la deuxième vertu.

[2] Dom Jean GAILLARD. La Liturgie Pascale.  Semaine Sainte et Pâques. CERF.

[3] Ibidem.

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