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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

Méditation pour le samedi saint

« Que se passe-t-il ? Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le Roi sommeille. » Ainsi commence une ancienne homélie pour le grand et saint samedi. Le Roi sommeille ! Le Roi rejeté et bafoué. Le Roi qui a choisi pour sceptre la croix. Le Roi à qui a été imposé une couronne d’épines.

Le corps sans vie de Jésus a été déposé dans un tombeau neuf. En toute hâte pour pouvoir respecter les préceptes du shabbat. Et il s’est reposé après tant de souffrances. Et la création tout entière est entrée dans le grand silence !

Tout le chemin de la Passion de Jésus a été marqué par des regards indifférents, par des insultes et des jugements hâtifs. Le Christ a été rejeté, sans être vraiment compris. Il a été abandonné même par les siens, par peur, peut-être ? Nous sommes touchés par ce qu’il a enduré. Et nous le suivons jusqu’au tombeau. Pour y rester jusqu’à ce que le miracle se produise et que nous le voyons donc, vide ! Puisque nous savons par avance que la vie va triompher !

Et si ce grand silence, si le « sommeil du Roi » nous permettait de voir en nous-mêmes nos propres gestes d’indifférences, de rejets, d’abandon ? Et si ce grand silence nous permettait d’entendre les moments où nous avons jugé le prochain, sans lui laisser la chance d’essayer de le comprendre ? S’il nous permettait de voir combien de fois nous avons été, nous-mêmes, victimes de notre propre égoïsme et de notre incapacité d’accueillir celui qui est vulnérable, notre incapacité à accueillir notre propre vulnérabilité ? Le grand silence du tombeau peut être pour nous une occasion de revisiter notre propre manière d’être et de faire Eglise. Une Eglise capable de vivre un véritable accueil, une Eglise capable de vivre l’unité dans la diversité. Une Eglise capable d’avancer vers le Royaume en vivant profondément dans la Foi, en fortifiant l’Espérance et en pratiquant la Charité. Et lorsque nous lisons « Eglise », il est nécessaire d’y voir « je ». Car l’Eglise est construite aussi par chacun de ses membres. N’attendons pas que l’autre soit ce que nous attendons qu’il soit ! Soyons ce que nous devons être, nous, pour que l’Eglise soit ce qu’elle doit être, elle.

L’expérience du tombeau nous fait comprendre que nous sommes tous unis, semblables et capables de se regarder en face avec bienveillance et compassion.  Et le Christ nous accompagne. Il vient nous réveiller de nos propres sommeils qui nous enferment dans nos suffisances. Il nous donne de voir que ce qu’il a enduré n’était pas seulement pour nous montrer combien nous sommes aimés, mais c’est une invitation pour que nous puissions nous mettre à son école. Que nous puissions faire silence en nous pour l’écouter. Il nous a montré que la force de la vie passe par l’accueil bienveillant de ce qui est vulnérable, en nous, mais aussi dans l’autre.

Il nous redit à chacun de nous « éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. » (Ephésiens 5, 14)

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