Homélie | 18e dimanche du temps ordinaire | Année C – 2025

Pèlerins parce qu’appelés*

Si nous devions résumer la liturgie de la Parole d’aujourd’hui par une seule phrase tirée des lectures, nous pourrions choisir l’ouverture de la première lecture : « Vanité des vanités… tout est vanité. » Mais qu’est-ce que la vanité ? En regardant la signification du mot à sa racine, « vanité » signifie littéralement « vide ». Ainsi, toute chose que nous poursuivons sans lien avec la volonté de Dieu ; tout acte que nous posons sans être orienté vers Dieu, est vanité, est vide ! Cela n’a pas de sens.

La question centrale aujourd’hui est : qu’est-ce qui donne réellement du sens à notre vie ? Et en effet, il nous arrive parfois de mettre de côté les valeurs éternelles pour nous attacher à des valeurs passagères. La vanité devient alors synonyme d’idolâtrie : mettre quelque chose à la place de Dieu. On pourrait le dire autrement : pourquoi tout est-il vanité ? Parce que tout passe ! Et seul Dieu demeure ! C’est justement cela que Jésus veut montrer dans la parabole. Il ne nous interdit pas de posséder ce dont nous avons besoin pour vivre et pour un certain confort. Il critique l’insensé qui accumule des richesses pour le simple fait d’accumuler ; il nous met en garde contre l’avidité, contre le désir de posséder sans partager. Vouloir toujours plus, sans regarder le frère dans le besoin. Et il le fait en nous rappelant la brièveté de la vie sur terre. Combien elle est passagère.

Dans la parabole présentée par Jésus pour répondre à la demande d’une personne dans la foule, nous avons une belle réflexion sur nos véritables choix et sur la manière dont nous considérons Dieu. Qui est-il pour nous ? Quelle est notre relation avec lui ? Lorsque nous observons ce que demande cette personne à Jésus – « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage » – avant même de regarder la réponse de Jésus, nous pouvons nous interroger sur notre façon de considérer Dieu. Ici, la personne veut que Jésus décide à sa place, qu’il intervienne pour régler sa vie. Or, Jésus n’est pas un « faiseur de miracles » selon nos désirs. Il nous appelle à la responsabilité. Il veut que nous nous engagions véritablement, librement, et que nous exercions notre capacité à choisir ! Ainsi, nous entrons dans une relation véritablement réciproque, dans laquelle notre volonté – comme capacité de choix – est sollicitée. Et c’est ici que naît un appel, une vocation : Dieu ne veut pas que nous agissions sans réfléchir, sans discerner. Il faut entrer dans ce dialogue où Dieu demeure Dieu, et où chacun de nous demeure son enfant.

Lorsque nous affirmons que tout est vanité, nous disons que tout, absolument tout, passe. Et que seul Dieu demeure. Ainsi, nous comprenons que ce que le Seigneur désire, c’est que nous puissions le choisir. Dieu ne s’achète pas, l’éternité ne s’achète pas. Dieu se choisit. L’éternité se choisit. Et comment ? En mettant Dieu au centre de notre vie. Au cœur de ce que nous vivons et faisons. C’est seulement ainsi que nous pourrons entendre son appel. C’est seulement ainsi que nous pourrons avancer comme un peuple d’Espérance qui vit l’unité dans la diversité. Un peuple qui sait que chacun a sa place, pour la simple et merveilleuse raison que chacun est appelé ! Et lorsque nous répondons à l’appel de Dieu, nous comprenons que la véritable richesse ne se trouve pas dans ce que nous accumulons, mais dans ce que nous partageons.

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* tout le mois d'août l'Eglise brésilienne évoque davantage la question de la vocation. C'est le "mois vocationnel". C'est pour cela qu'il y a un lien avec les vocations dans l'homélie de ce jour.

Tableau: Vanité. Philippe de Champaigne.

 

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