16 Novembre 2025
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Imaginez un lieu si important que sa destruction équivaudrait à l’annonce de la fin du monde. Pour les auditeurs de Jésus, l’annonce de la destruction du Temple est exactement cela : le prélude d’un événement catastrophique. Et tout commence par une simple conversation.
Certains admiraient la beauté du Temple, mais Jésus les ramène à la réalité :
« Vous admirez ces choses ? Des jours viendront où il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
S’ouvre alors un dialogue entre eux et Jésus, dont la seule question est :
« Quand cela arrivera-t-il et quel sera le signe… ? »
Pourquoi une telle question ? Parce que l’être humain a peur de la fin. Nous voulons toujours anticiper, prévoir, contrôler, pour ne pas être surpris.
Jésus ne satisfait pas la curiosité de ceux qui l’interrogent sur le futur. Il n’a jamais dit quand la fin arriverait. Et même si les signes qu’il décrit dans cet évangile peuvent susciter peur ou inquiétude, ce qui frappe le plus est qu’il nous invite à :
la calme,
la persévérance,
la confiance,
et surtout l’apprentissage du moment présent, le temps qui nous est donné.
Ces paroles nous placent devant une vérité fondamentale : la vie telle que nous la connaissons un jour s’achève. Mais cette fin n’est pas une destruction.
Marcher avec le Christ, c’est avancer vers un but : le monde nouveau.
« L’être humain se laisse guider par la peur de la mort 1 »,
mais « Jésus offre l’alternative d’une vie guidée par la confiance dans le Père, une attitude d’amour qui a déjà vaincu la mort.2 »
Voilà la grande différence : avec le Christ, la fin est le commencement d’un monde nouveau, et non l’anéantissement. Nous ne sommes pas voués à l’oubli ou à la disparition éternelle.
Nous sommes faits pour l’éternité.
Même lorsqu’il parle avec le langage de la fin des temps, Jésus nous invite en réalité à vivre intensément le présent, à accueillir ce qui nous est offert sans perdre de vue l’essentiel : la vie éternelle, qui commence dès maintenant.
Pour chacun de nous, c’est un appel à vivre une foi adulte.
Combien de fois nous perdons-nous en questions sur l’avenir !
Combien de fois nourrissons-nous notre peur au gré des événements humains, politiques ou mondiaux !
Nous alimentons la haine, la division — souvent sans même savoir pourquoi.
Nous oublions de penser, de réfléchir, de discerner.
Il en va de même pour notre foi : nous restons parfois figés dans une foi infantile.
Grandir dans la foi, devenir adulte spirituellement, ne signifie pas cesser de ressentir, mais entrer dans une vraie confiance, dans la responsabilité à laquelle Paul nous invite.
Autrement dit :
« Prier comme si tout dépendait de Dieu et travailler comme si tout dépendait de nous.3 »
Nous ne pouvons pas nous contenter de contempler les pierres du Temple.
Nous devons reconnaître le fondement de ce Temple, marcher vers lui, écouter sa Parole, accomplir sa volonté.
La certitude de notre finitude ne doit pas nous paralyser par peur. Car pour nous, la finitude n’est pas le point final. Elle doit au contraire susciter l’urgence de vivre.
Et cette urgence de vivre passe par :
la persévérance,
qui nous conduit à l’Espérance.
Cette espérance nous fait entrer dans la dynamique de l’Évangile :
vivre le présent, se laisser transformer par le Christ, et garder les yeux fixés sur lui pour traverser notre chemin en sachant que :
« C’est par votre persévérance que vous sauverez votre vie. »
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[1] Silvano FAUSTI. Uma comunidade lê o evangelho de Lucas. Uma leitura pastoral da Bíblia. Ed. CNBB.
[2] Idem.
[3] Saint Ignace de Loyola
traduit du portugais avec l'aide de l'IA