Solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de l’Univers • Année C | 2025

« Si tu es le roi… sauve-toi toi-même. » Quel type de roi serait assez incompétent pour se laisser assassiner ? N’aurait-il pas des soldats, des gens sous ses ordres pour le sauver ? Dans la tête de ceux qui crucifiaient Jésus, telle pouvait être la question. Et, à trois reprises, ils vont le provoquer : « Si tu es roi… sauve-toi toi-même. » Cette provocation ressemble à une tentation, comme les trois tentations que Jésus affronta au début de son ministère public. De la part de ces bourreaux, c’était un rappel : seul le pouvoir compte!

Sous nos yeux, toutes les attentes s’effondrent. On attend d’un roi qu’il soit «fort, libre, homme idéal et idéal de l’homme », et ici nous ne voyons qu’un homme humilié, moqué et crucifié. Et chaque fois que Jésus refusa de se sauver lui-même, ce fut pour nous sauver.

Dans la première lecture, nous voyons l’attente du véritable Roi à travers l’onction de David ; le psaume nous rappelle la joie d’être proches de Celui qui est notre salut ; et la seconde lecture nous rappelle que nous sommes héritiers de la victoire du Christ. Quant à l’Évangile d’aujourd’hui, nous pouvons l’aborder de plusieurs manières : comme un passage douloureux qui nous invite à la réparation ; comme un récit qui nous fait contempler combien le Christ a souffert, suscitant parfois la culpabilité ; ou encore comme un appel, quelque chose qui nous pousse à grandir, à changer, à nous convertir toujours davantage.

Aujourd’hui, nous ne célébrons pas un roi qui se manifeste par la force ou par le pouvoir, mais un roi qui se livre au nom de l’amour. Ce n’est pas un trône de marbre sur lequel il repose, mais la Croix. Ce n’est pas une couronne de diamants qui révèle sa royauté, mais une couronne d’épines. Ce n’est pas la violence qui manifeste sa liberté, mais son don de lui-même, son service. Et son pouvoir ? Il n’en a qu’un : aimer jusqu’au bout !

Nous célébrons un roi qui se tient à la hauteur de ceux qui sont humiliés, tournés en dérision, méprisés. Nous célébrons un roi qui n’a pas voulu se conformer aux attentes de ce que les autres voulaient qu’il soit, mais qui a décidé d’aller jusqu’au bout parce qu’il savait que le but était grandiose.

Et dans notre vie de disciples et d’amis de Jésus, que nous révèle cette solennité ? Notre vie est un cheminement qui oscille entre lenteur et précipitation. Parfois, nous ne nous rendons pas compte à quel point nous nous perdemos dans nos propres illusions — de ce que nous pensons devoir être ou souhaiterions être — parce que nous nous laissons conduire par ce que les autres attendent de nous ou par nos vérités étroites. Nous entrons dans la logique de choisir toujours ce qui est le plus facile. Jésus, lui, s’est laissé conduire par l’amour, par la certitude que rien ne vaut la peine s’il n’est pas vécu pour l’amour et par amour, afin que nous puissions changer et nous transformer. Célébrer le Christ Roi de l’Univers nous pousse à nous laisser transformer, comme le malfaiteur qui fut sauvé : à décider que le meilleur chemin est celui de la conversion, qui conduit à la vie.

Cela ne sert à rien que le Christ soit Roi de l’Univers s’il ne règne pas dans notre cœur et si nous ne décidons pas, véritablement, d’aimer davantage, de nous donner davantage, de grandir davantage. Ah, mais la vie est difficile, mon Père !  Oui, elle l’est. Et elle peut être écrasante. Mais ce qui nous définit, c’est ce que nous portons en nous — ce qui nourrit notre âme. Et comme le dit un grand écrivain brésilien : « ce que la vie exige de nous, c’est le courage!1» Le courage, comme il fut exigé de Jésus à ce moment-là : non pas pour être plus grand, mais pour élever ; le courage de montrer que rien ne vaut plus la peine que l’acte d’aimer — et d’aimer jusqu’au bout.

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1. João GUIMARÃES ROSA. Diadorim.

(Homélie traduite du portugais avec l'aide de l'IA)

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