Solenité de Marie, Mère de Dieu | Année A | 2026

En ce premier jour de la nouvelle année, c’est encore le grand événement de la naissance du Seigneur que l’Évangile nous donne à contempler. Après avoir reçu l’annonce de la naissance du Sauveur, les bergers vont vérifier ce qui leur a été dit et ils trouvent tout « comme les anges le leur avaient annoncé ». Ils contemplent le Verbe de la vie, l’Enfant-Dieu venu pour nous sauver. Les bergers sont ainsi les premiers adorateurs après la naissance du Christ. Dieu se manifeste d’abord aux petits, aux pauvres, et par sa simple présence, il renouvelle leur espérance. « Les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient vu et entendu… » Pour nous, c’est comme une invitation : commencer un nouveau cycle en contemplant Celui qui se donne, Celui qui peut restaurer notre espérance, et replacer Jésus au cœur de tout ce que nous vivons.

Au moment de la rencontre, bien que Marie et Joseph soient présents, c’est le Christ qui est le centre de tout. Et dans tout ce qui est dit et témoigné, Marie garde toutes ces choses en silence et les médite dans son cœur. Elle ne se hâte pas d’expliquer, ni de raconter sa propre version. Elle contemple en silence. Et le silence de Marie n’est pas vide : il est fécond. C’est un silence qui accueille, qui fait confiance, qui laisse Dieu agir. Peut-être que cette nouvelle année nous demande précisément cela : moins de bruit intérieur, plus d’écoute, plus de contemplation, afin que notre cœur soit tourné vers le Christ, en le laissant être le critère, le centre et la mesure de toute chose.

Et comment savoir si le Christ est vraiment au centre ? L’une des manières est d’observer notre regard sur la vie, la façon dont nous la voyons et dont nous en parlons. Il s’agit de prêter attention non seulement à ce que nous faisons, mais aussi à la manière dont nous interprétons la réalité. Nos paroles engendrent-elles la vie ou la détruisent-elles ? Dans l’Évangile, les bergers glorifient et louent Dieu pour tout ce qu’ils ont vu. La première lecture, d’une autre manière, nous invite à entrer dans cette même louange lorsque Dieu enseigne à Aaron comment bénir le peuple. Bénir signifie « dire du bien » ; bénir, c’est donc prononcer une parole qui engendre la vie et qui place la personne sous le regard de Dieu. Être sous le regard de Dieu ne signifie pas refuser de voir ce qui ne va pas, mais apprendre à regarder toute réalité avec les yeux du croyant, de celui qui sait que Dieu n’abandonne jamais ses enfants.

Lorsque les bergers trouvent tout comme les anges l’avaient annoncé, ils comprennent que Dieu a tenu sa promesse — peut-être pas comme ils l’avaient imaginée. Et cela est profondément consolant : même lorsque tant de choses ne se passent pas comme nous l’avions prévu dans notre vie, Dieu demeure fidèle. Peut-être pas toujours de la manière que nous attendions, ni au moment que nous aurions souhaité, mais il accomplit toujours sa promesse, et sa promesse est toujours « plus de vie ». Les bergers trouvent un enfant, fragile, couché dans une mangeoire. Et c’est là qu’ils rencontrent le Dieu qui sauve : un Dieu proche, accessible et fragile, qui nous invite à le contempler, à nous approcher de lui et à lui offrir nos propres fragilités. Que ce temps nouveau soit véritablement nouveau.

Que nous puissions vivre en sachant quelle est notre histoire et qui en est le centre. Combien de fois laissons-nous notre cœur se remplir de plaintes, de critiques et de pessimisme, comme si tout dépendait uniquement de nous ? Lorsque Jésus est au centre de notre vie, tout le reste trouve sa juste place. La bénédiction ouvre un espace pour l’espérance, car elle remplit notre cœur de confiance et nous apprend à contempler ce qui est bon. Et de même que Dieu prononce sur chacun de nous une parole qui engendre la vie, que nos paroles deviennent elles aussi des canaux de vie pour nos frères et sœurs.

Confions cette nouvelle année à l’intercession de Marie, Mère de Dieu. Qu’elle nous apprenne à garder le Christ dans notre cœur, à faire confiance aux promesses de Dieu et à marcher comme des enfants bénis.

« Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage et t’accorde sa grâce !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage et te donne la paix ! »

 

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