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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

Homélie du 27ème dimanche du Temps Ordinaire

|Gn 2, 18-24 ; Ps 127 ; He 2, 9-11 ; Mc 10, 2-16|

La liturgie nous fait entrer aujourd’hui dans ce mystère insondable qu’est le don de l’homme et de la femme l’un pour l’autre. Jésus se retrouve au cœur d’une polémique. Les pharisiens l’attendent au tournant pour le juger. Et la réponse de Jésus rappelle à ses interlocuteurs que la vie du couple, dans un mariage devant Dieu, relève d’une relation vraie vécue devant Dieu. Jésus serait-il trop exigeant ou trop dur ? Exigeant, oui. Dur, non ! En répondant aux pharisiens, Jésus rappelle ce que doit être le mariage. Il est d’abord un mystère, ce mystère qui se dévoile peu à peu devant nous, qui commence par la rencontre de deux cœurs qui s’aiment. Mais l’autre reste et demeure l’autre, avec tout ce qu’il porte en lui. Ensuite, le mariage est un don. Le don de deux êtres, un homme et une femme, qui se lient devant Dieu. Et enfin, le mariage est une présence, un vis-à-vis. Mystère, don, présence.

Pour autant, nous connaissons tous dans notre entourage des couples qui se sont séparés et pour la plupart, divorcés. Nous avons été, de près ou de loin, témoins de toute la souffrance engendrée par cette séparation. Et le drame est multiple : le drame de voir un couple se défaire ; le drame des enfants qui sont témoins parfois de la souffrance des parents, manifestée à travers leurs disputes ; le drame de couples où la violence morale et physique prennent parfois le dessus ; le drame de voir que la séparation engendre parfois de difficultés matérielles. Ou encore, le drame de voir un rêve devenir un cauchemar. Cette réalité est d’autant plus vraie aujourd’hui. Il nous suffit de prendre les statistiques pour le savoir. Devons-nous rester mariés coute que coute, lorsqu’il y a de la souffrance morale et physique, par exemple ? Bien sûr que non. Parfois la séparation sera la seule issue possible pour le bien et l’intégrité de tous.

En rappelant aux pharisiens le sens même du mariage selon la « loi de Dieu », Jésus montre ce chemin de vie dans lequel chacun est invité à entrer « librement et sans contrainte » et sur lequel chacun est appelé à persévérer. Et ce n’est lorsque le couple met le Seigneur au cœur même de leur relation que celle-ci peut durer toute la vie. Mais ceci n’est pas de la magie, ni indépendant de notre volonté. La grâce de Dieu n’agit pas si nous n’y mettons pas du notre. Si, dans certains cas, une crise est insurmontable, dans d’autres, un dialogue vrai, un partage sincère, l’attachement au Seigneur et la simplicité de chercher de l’aide, peuvent sauver une relation.  Et ce qui est vrai pour la relation du couple dans le mariage, est vrai aussi pour nos relations entre nous. Qu’elle attention portons-nous les uns envers les autres ? Quel regard portons-nous envers ceux qui sont autour de nous ? Sommes-nous ceux qui condamnent ou ceux qui tendent la main ? Sommes-nous ceux qui jugent ou ceux qui consolent ? L’être humain est fait pour se donner, mais nous avons besoin de l’apprendre.

Peut être que nous sommes invités aujourd’hui à changer et renouveler notre regard. Ceux qui sont mariés, redevenir capables de s’émerveiller devant l’autre, même si cela semble parfois difficile ; ceux dont le mariage est fini, apprendre à se regarder avec bienveillance et miséricorde (dans le sens profond du terme) et en remettant votre vie entre les mains du Seigneur ; ceux qui ne sont pas mariés ou qui ont choisi une autre voie, regarder l’autre avec ce regard qui encourage, relève et redonner à l’autre sa dignité. Confions au Seigneur toutes les relations et tout particulièrement les couples. Nous connaissons tous de tempêtes dans nos vies. Que cela nous apprenne à naviguer ensemble, avec le Seigneur.

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