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EL PADRE - le blog du père Emmanuel

Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

Homélie pour le 28ème dimanche du Temps Ordinaire | Année B | 2021

|Sg 7, 7-11 ; Ps 89 ; He 4, 12-13 ; Mc 10, 17-30|

Dans le tourbillon dans lequel nous sommes en ce moment, la liturgie vient nous rappeler ce qui doit faire le cœur de notre vie à la suite du Christ : être les apôtres de sa parole, signes de sa présence dans le monde, consolateurs et serviteurs des plus petits. Choisir la sagesse, accueillir la parole de Dieu qui se donne. Nous sommes tous abasourdis par toutes les révélations liées aux abus sexuels envers les mineurs, dans l’Eglise. Nous pouvons exprimer notre colère, notre désarroi, notre indignation ; mais nous sommes aussi appelés à faire de l’Eglise ce qu’elle doit être, vraiment, le corps mystique du Christ. Une maison sûre dans laquelle ce qui est donné est la vie et la vie en abondance. Jamais la mort ni la destruction.

Cette rencontre de l’évangile entre Jésus et cet homme qui désire « avoir en héritage la vie éternelle » ne nous laisse pas indifférents. Nous y touchons la vérité même et l’exigence de la Parole du Seigneur. L’exigence de se mettre à la suite du Christ. En effet, nous ne sommes pas là pour comptabiliser ce que nous faisons comme nous comptabilisons l’exploit de nos réussites. Mais Jésus est clair : si la vie éternelle c’est le fait d’être avec Dieu, nous ne pouvons y entrer que si nous mettons Dieu au cœur même de ce que nous vivons, nous ne pouvons y entrer que si nous devenons offrande, don et que si nous sommes capables de choisir véritablement le Christ et nous laisser transformer par la Parole.

En écoutant tout cela, nous pouvons nous dire que nous ne sommes pas à la hauteur. Et avoir la même réaction de disciples : mais qui, en effet, peut être sauvé ? Et la réponse de Jésus retentit dans notre cœur comme une parole d’espérance : pour Dieu rien n’est impossible. En revanche, comme dit saint Augustin : « celui qui nous a créé sans nous ne peut pas nous sauver sans nous. » Nous avons notre part de responsabilité. Lorsque nous nous laissons envahir par un désir de toute puissance, de tout posséder et tout maitriser, nous ne sommes plus dans la logique de la vie ni celle du don, nous ne sommes plus dans la logique évangélique, mais dans la logique de l’avoir, de la convoitise et du mal. Et nous entrons alors dans ce qui est radicalement opposé à l’Evangile, nous entrons dans une culture de mort. Pour nous-mêmes et pour les autres.

Nous sommes faits pour la vie et pour être signes de vie. Et si nous sommes là devant le Christ, c’est pour nous laisser transformer personnellement et communautairement par sa parole. D’où l’importance de fréquenter sa parole, de nous laisser toucher par elle pour qu’elle vienne jusqu’aux entrailles nous rappeler que sans Jésus nous ne pouvons rien faire.

Chers frères et sœurs, ce regard que Jésus pose sur cet homme de l’évangile est le même qu’il pose, sans cesse, sur chacun de nous. Laissons-nous regarder par le Christ, aimer par Lui et déposons dans son cœur toutes les fatigues, les difficultés, les douleurs, les questionnements et les peurs de notre cœur.  Déposons dans son cœur tous nos désirs, nos attentes et nos espérances. Plongeons-nous dans sa parole et laissons-nous transformer par elle. Qu’elle transforme notre cœur, notre vie et notre communauté. Pour que nous soyons passeur de vies et d’espérance. Nous avons la chance de vivre un temps de fondation paroissiale, qu’il soit pour nous aussi un temps de refondation spirituelle et humaine car le Seigneur nous donne sa grâce. Ne la refusons pas ! Mais laissons-nous transformer par elle, entièrement.

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