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Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

Homélie du 2ème dimanche de l’Avent | Année C | 2022

|Baruc 5, 1-9 ; Ps 125 ; Ph 1, 4-6.8-11 ; Lc 3, 1-6|

La semaine dernière, la liturgie nous donnait le cadre dans lequel nous sommes appelés à évoluer pendant le temps de l’avent, et plus largement, dans notre vie chrétienne : ce cadre est la prière et l’amour fraternel. Aujourd’hui, nous pouvons retrouver un autre cadre qui compose notre passage sur cette terre, à savoir : notre vie humaine se déroule entre deux grands évènements, celui de la venue du Christ, par le mystère de l’incarnation ;  Et, ensuite, celui de sa parousie, c’est-à-dire, son retour dans la gloire, accomplissement définitif de sa promesse. Nous sommes dans un « entre-deux » qui nous permet de regarder vers l’horizon de notre existence toujours avec espérance, puisque nous savons que nous sommes promis à la vie. Le seul danger de ne penser qu’à ses deux évènements c’est que nous pouvons oublier que Dieu se donne aussi maintenant, dans « l’aujourd’hui » de notre existence. Dans le temps présent de notre vie. Nous appelons cela « la grâce ». Cette présence de Dieu qui se fait discrète mais qui est là, et qui nous guide. Et Dieu donne sa grâce tout le temps. Elle est un peu comme la tombée de la neige : discrète et silencieuse, mais elle tombe.

Et c’est parce que Dieu se donne que nous pouvons alors nous mettre à sa suite, et plus que ça, nous pouvons « préparer le chemin du Seigneur. » Et comment ? En accueillant ce qu’il a à nous donner. La grâce de Dieu est la manifestation de son salut envers chacun de nous. Mais la grande question c’est : est-ce que j’ai envie d’accueillir ce salut. Accueillir le salut de Dieu c’est se savoir aimé, profondément aimé et vouloir faire le bien, étant signes de cet amour reçu gratuitement. Accueillir le salut de Dieu c’est se laisser déplacer, vraiment. Se laisser bousculer pour entrer dans une dynamique de vie et de fécondité, engendrée par la parole de Dieu donnée. Et la figure de Jean Baptiste nous donne à voir cette dynamique de vie et de fécondité.

Ce qui est paradoxal c’est que cette parole se donne dans le désert. Comme que pour nous rappeler que sa puissance va au-delà de l’aridité du lieu. Et le désert est parfois notre propre être, notre cœur. Et là encore le Seigneur vient nous sauver.  Il vient nous sauver de nos égoïsmes, de nos individualismes, il vient nous sauver de notre mesquinerie qui nous empêche d’entrer dans une communion profonde les uns avec les autres, et avec lui. Il vient nous sauver de « nos péchés », tout ce qui nous séparent de la relation et du don.

Mais concrètement, qu’est-ce que cela change dans notre vie ? Nous savons bien qu’il faut nous convertir. Nous savons bien qu’il nous faut changer de regard. Nous le savons. Oui ! Mais nous devons y consentir, accepter. Et la conversion, comme tout chemin de croissance, peut nous faire peur car nous sommes bien souvent obligés de quitter nos sécurités. Et nous restons avec la conviction : « je suis comme ça, je ne changerai jamais… ». Toutefois, celui même qui nous invite à ce changement, Jésus, s’est rendu lui-même fragile et vulnérable. Il a lui-même quitté ses sécurités pour nous montrer qu’il aplanit les chemins rocailleux de notre cœur, qu’il rend droit les passages tortueux pour que nous puissions lever la tête et voir le salut de Dieu dans notre vie. Il se laisse fléchir par nos prières et nos pauvres offrandes pour venir à notre secours pour que nous puissions entrer dans sa propre vie. Mettons-nous, donc, à l’écoute de sa voix, pour que le désert de notre cœur devienne fécond et que nous puissions répondre à cet appel : « préparez le chemin de Seigneur. »

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