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Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

Homélie la Solennité de la Nativité du Seigneur | 2021

|Is 52, 7-10 ; Ps 97 ; He 1, 1-6 ; Jn 1, 1-18|

Celui qui est la Parole, celui qui est depuis toujours, ne s’est pas contenté de rester loin de notre humanité ni simplement de nous donner ce dont nous avions besoin. Le mystère de Noël est le mystère de ce Dieu qui, en prenant notre humanité, s’est fait chair et a habité parmi nous !

Dans l’acte d’habiter, de demeurer, il y a profondément la notion d’être en relation, d’être avec, de recevoir de l’autre ce qu’il veut bien nous donner. Et de donner à l’autre ce qu’il veut bien recevoir. Demeurer c’est prendre le temps, le temps nécessaire pour écouter, comprendre, connaitre et aimer. C’est justement cela que Dieu a voulu. Il a voulu habiter parmi nous, demeurer parmi nous, pour que nous puissions lui ouvrir les portes de notre cœur pour qu’il puisse habiter en nous. Entre nous, en nous ! Il nous connaissait déjà, mais il a voulu se faire connaitre. Il nous aimait déjà, mais il a voulu nous laisser la possibilité d’apprendre à l’aimer. Il savait (et il sait) qui nous sommes, et il a voulu que nous lui connaissions pour que nous puissions, à notre tour, savoir qui est-il !

Dans l’acte de l’incarnation, Dieu rompt la dernière barrière qui nous séparait de lui, pour nous rendre proches. Pour nous donner la possibilité de voir le monde avec son regard. De voir l’autre avec son regard. D’aimer le prochain comme il nous a aimés.

Nous traversons un temps trouble où la parole, justement, n’est pas forcément celle qui donne la vie, mais engendre la peur. Un temps où les gestes nous séparent, même si c’est pour nous protéger. Mais nous finissons par tomber dans une peur, pour certains, insurmontable. Noël vient alors nous rappeler que le fragile est signe de la force, que le plus petit est synonyme de grandeur et que la lumière brille dans les ténèbres : les ténèbres du monde mais aussi, et surtout, celles de nos cœurs. Encore aujourd’hui « le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. » Il habite en nous et entre nous. En nos cœurs et dans l’espace qui existe entre chacun de nous. Car il est le Dieu Présent !

Que voulons-nous pour Noël ? Si nous pouvions demander qu’une seule chose, que demanderions nous ? Noël est la célébration de l’impossible qui devient possible. Du lointain qui devient proche. D’un Dieu qui devient homme. Pour nous rappeler et nous montrer que notre vie est marquée par le sens profond de la victoire du bien ! Voilà notre bonne nouvelle ! Voilà le pourquoi de notre existence ! Soyons alors témoins de ce miracle. Ce miracle du Verbe qui s’est fait chair et qui a habité parmi nous. Témoins de ce miracle qui rapproche. De ce miracle qui fait tomber les murs et les barrières et qui nous permet de nous reconnaitre comme membres d’une seule et même famille. Témoins de ce miracle silencieux qui a changé le monde.

« Le Seigneur console son peuple. » Il donne aux exclus la noblesse de l’appartenance. Aux fragiles, la force de l’existence et aux petits l’humilité de la capacité transformatrice de ce qui est simple et qui change le monde. Nous sommes les héritiers de l’Enfant de la crèche. Héritiers de la Parole qui est signe de vie. Héritiers des gestes qui consolent et guérissent. Héritiers de Celui qui est la Lumière du monde. Nous sommes héritiers de celui qui est venu pour rassembler, et non diviser. Pour aimer et non pour haïr ; pour donner et non pour garder pour soi. Que voulons-nous faire de notre héritage ? Contemplons aujourd’hui cet Enfant qui se donne et laissons-nous toucher par sa présence. Et transformer par son sourire. Que nous puissions être alors témoins de sa présence. En Lui et par Lui, soyons, à notre tour, « lumière du monde. »

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