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Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

Homélie pour le mercredi des cendres 2022 | Année C

|Jl 2, 12-18 ; Ps 50 ; 2Co 5, 20-6,2 ; Mt 6, 1-6.16-18|

Nous voilà devant l’entrée de ce grand chemin qu’est le carême. Pour certains c’est un temps dans lequel ils se sentent à l’aise, pour d’autres, c’est un temps peut être plus difficile. Mais toujours est-il que nous sommes appelés à avancer ensemble, et ensemble, cela veut dire, appelés à porter les uns les autres.

Ce que nous vivons pendant ce temps de carême c’est, d’abord, un appel à nous mettre sous le regard bienveillant de Dieu. Ce Dieu qui nous lance une première invitation pour le premier pas que nous pouvons faire : « revenez à moi de tout votre cœur. » Ce mouvement d’aller vers est, en réalité, un double mouvement : celui vers soi et celui vers Dieu. Dans ce mouvent vers soi, nous sommes confrontés à nos besoins les plus profonds : celui d’être aimés, accueillis, acceptés, respectés. Nous sommes confrontés à nos propres besoins de conversions, à nos peurs, à nos épreuves… mais aussi à tout ce qui fait que nous sommes uniques. Et en les identifiants de manière sincère, nous nous rendons à l’évidence que seul celui qui nous invite peut combler véritablement ses désirs. Ainsi, par le mouvement vers soi, non dans une démarche égocentrique mais plutôt dans une démarche d’ouverture, par ce mouvement, nous sommes, naturellement, poussés au deuxième : celui de revenir vers le Seigneur. Puisque nous nous rendons à l’évidence que sans lui nous ne pouvons rien faire.

Ce chemin que nous entamons aujourd’hui est un chemin de conversion, de transformation. Chacun de nous a peut-être choisi son effort de carême. Ce geste qui sera le symbole et le signe de notre désir d’être plus près du Seigneur. Nous pourrions nous demander ce soir : dans quel état d’esprit je commence le carême ? Comment suis-je en ce moment ? Et nous demander enfin, comment je veux être à la fin de ce chemin lorsque l’alléluia de la résurrection éclatera ? Le Seigneur ne peut ni nous combler ni nous transformer si nous ne nous mettons pas en route avec lui. Les efforts de carême ne sont pas une passe de magie, mais une histoire de relation. Et cela est tellement vrai que nous voyons dans l’évangile cette triple invitation de Jésus sur l’aumône, la prière et le jeûne. Dans les trois cas nous sommes dans ce double mouvement envers soi et envers Dieu. Et ce double mouvement nous ouvre à un troisième : celui envers le prochain.

« Revenez à moi de tout votre cœur » autrement dit, allons vers le Seigneur avec tout ce qui fait notre vie, notre existence, nos relations. Allons vers le Seigneur avec la sincérité qui habite le cœur des enfants et la simplicité qui nourri l’amour. Je ne sais dans quel état les uns et les autres commencent ce carême, je ne sais pas quels bagages de vie chacun porte dans son cœur, quelles épreuves, quelles douleurs, quelles rancunes… mais ce que je sais c’est que le Seigneur nous invite chacun à aller vers lui avec tout cela et nous laisser petit à petit transformer par son regard, par son amour au cœur même de ce que nous sommes appelés à vivre. Et notre « effort de carême » ne sera fécond que si, par lui, nous laissons que notre âme soit transformée. Nous entrons aujourd’hui sur ce chemin de conversion. Il sera balisé par ces trois invitations de Jésus : donner de ce qui nous appartient matériellement (par aumône), donner de soi (par la prière et le jeûne), et le tout dans cette attitude de disciple qui se sait aimé et qui se laisse former par son maître, dans le secret de son cœur. Allons, ensemble, arpenter les chemins de retour vers Dieu. 

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