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Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

Homélie du 1er dimanche du Carême | Année C | 2022

|Dt 26, 4-10 ; Ps 90 ; Rm 10, 8-13 ; Lc 4, 1-13|

Sur ce chemin vers Pâques, nous sommes amenés aujourd’hui, au désert. Et nous sommes témoins de cette rencontre entre Jésus et le diable. Jésus, la figure de l’unité, de la réconciliation, de la paix, de salut… le diable, figure de la division. D’un côté, un projet de vie ; d’un autre, celui de la mort. D’un côté, la fidélité ; de l’autre, le glissement subtil vers une vie plongée dans les apparences.

Que voyons-nous dans cette rencontre ? La première chose que nous pouvons observer c’est que le diable arrive lorsque Jésus est dans un moment humain de vulnérabilité « il eut faim », nous dit l’évangéliste. Et le diable va toucher ce qu’il y a de plus intime en Jésus : sa dignité et sa relation avec son Père : « si tu es le Fils de Dieu… » autrement dit, si tu l’es, tu es capable de tout faire… fais donc ceci ou cela ! Si tu es le Fils de Dieu… et Jésus n’entrera pas dans ce dialogue ! Il prend acte de la tentation mais il ne discute pas avec elle. Par trois reprises, sur les trois tentations, Jésus répondra par la Parole de Dieu. « Si tu es le Fils de Dieu… » provoque le diable ; « Il est écrit… » répond Jésus. Même si les tentations vont en crescendo, Jésus se refugie dans sa relation avec son Père et sa connaissance de la Parole de Dieu. Il ne donne pas à la tentation plus d’importance qu’elle ne doit avoir car il sait que ce qui est le plus important c’est sa relation avec le Seigneur. Cette relation qui lui donne ce dont il a besoin : sa dignité ! Il montre donc par-là, qu’il est le Fils de Dieu, mais pas de la manière par laquelle le diable veut qu’il le prouve, pas par la division ou la séparation, ni par l’émancipation… mais par la relation profonde qui transforme et affermit.

Sur notre chemin de foi nous sommes parfois tentés de nous demander ce qu’il peut bien faire, le bon Dieu. Nous pouvons nous sentir découragés par les silences, voire, le sentiment d’absence et de déserts. Mais avons-nous conscience vraiment de qui nous sommes ? Nous sommes des enfants de Dieu. Nous sommes ce pourquoi il est venu dans le monde. Nous avons cette même dignité que le diable a essayé de remettre en cause, chez Jésus. Comment nous nous laissons alors transformer par cette certitude ? Comment cultivons-nous cette relation pour que nous ne soyons pris au dépourvu au moment où nous serons, nous, vulnérables ? En rappelant les paroles de l’Ecriture, Jésus nous donne de contempler que le faire mémoire est une arme puissante contre la tentation. Faire mémoire des biens faits de Dieu dans notre vie. A l’image du peuple d’Israël, dans la première lecture. C’est une invitation pour nous à savoir reconnaître, avec gratitude, ce que nous avons reçu du Seigneur. C’est quitter une vie fondée sur les apparences pour entrer dans la vérité aimante de la présence de Dieu, qui se révèle aussi dans sa Parole. Faire mémoire c’est plus que se rappeler d’un évènement. C’est rendre cet évènement actuel et se laisser toucher par lui. C’est ce que nous vivons dans l’Eucharistie.

Et dans le déploiement de la liturgie eucharistique, le temps de l’offertoire est pour nous bien plus que le simple moment où nous donnons à la quête : il est le moment où nous nous rappelons les biens faits du Seigneur, dans notre vie. Où nous rendons grâces pour ce que nous avons reçu de lui et où nous entrons dans une démarche de confiance. Et si notre chemin de carême était jalonné par la gratitude, malgré l’apparente force du diviseur ? Car reconnaître ce qui est bon, véritablement bon, est le premier pas pour vaincra la tentation !

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