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Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

Homélie du 3ème dimanche du Carême | Année C | 2022

(Témoins pour une vie nouvelle. Journée mémorielle du 20 mars 2022 pour les victimes d'abus dans l'Eglise)

|Ex 3, 1-8a.10.13-15 ; Ps 102 ; 1Co 10, 1-6.10-12 ; Lc 13, 1-9|

La souffrance, les épreuves, les difficultés de la vie, sont-elles liées au fait que ceux qui les traversent sont de « plus grands pécheurs que les autres » ? A en croire l’évangile et les paroles du Christ, pas du tout ! Toutefois, en ce qui concerne le mal dans le monde, nous faisons tantôt l’expérience du mal subi, tantôt celle du mal commis. Dans la première expérience, celle du mal subi, nous n’avons pas vraiment de prise sur la chose. Une maladie nous tombe dessus, pourquoi ? Nous sommes victimes d’une fatalité, pourquoi ? Ça serait un exemple du mal subi. Nous n’y sommes pour rien ! Ça nous tombe dessus. Qu’est-ce que nous pouvons faire ? Ce qui est à notre portée pour garder l’espérance. S’entourer de ceux qui nous aiment. Faire confiance, malgré tout !

Le mal commis, lui, c’est tout le contraire. Il peut être évité, par celui qui pose l’acte mauvais. Cet acte est intimement lié au mauvais usage de la liberté humaine. J’ai été volé dans un train, pourquoi ? Je suis victime de la guerre, pourquoi ? Parce que des hommes et des femmes ont décidé de voler et de faire la guerre. Bien évidemment, les innocents, les victimes, subissent les conséquences de l’acte mauvais posé par quelqu’un d’autre, mais c’est bel et bien un mal qui aurait pu, à la base, être évité, si celui qui le commet était tourné vers le bien ! C’est cela qui subissent les victimes d’abus, que ça soit l’abus sexuel ou l’abus de pouvoir. Elles voient, du jour au lendemain, s’octroyer leurs libertés à travers un acte mauvais de quelqu’un qui se croit tout pouvoir. Et la perversité de l’acte est telle, que la victime pense justement être « le plus grands des pécheurs », elle croit ne pas pouvoir mériter d’être aimée, et bien souvent, pendant longtemps, elle se croit incapable d’aimer véritablement, parce qu’aimer demande la confiance. Et la confiance, dans ce cas, est profondément blessée. La victime subi un acte mauvais commis par quelqu’un, qui aurait pu choisir de faire le bien, au lieu de faire le mal. Et pourquoi ? Parce que l’agresseur a oublié que l’autre est une « terre sainte ». Et donc, une terre dont la dignité doit être respectée, protégée.

Par trois fois dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus nous rappelle que toute personne est regardée par Dieu avec amour et patience. Mais cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas responsables de nos actes. Bien au contraire, c’est parce que Dieu nous regarde avec amour et patience, que nous sommes appelés à choisir sans cesse le bien, à entrer sans cesse sur le chemin de conversion, auquel nous appelle le Christ « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Ce chemin-là nous permet de voir nos propres limites et nos propres fragilités. Mais aussi notre propre beauté ! Il nous permet de voir l’autre avec compassion et vérité. Mais aussi, nous voir nous-mêmes avec compassion et bienveillance. Et surtout, ce chemin de conversion nous fait comprendre que lorsque nous sommes face à quelqu’un, l’autre est une « terre sainte » et nous ne pouvons nous y approcher qu’avec respect et révérence.

Nous, qui avons choisi de suivre le Christ, malgré nos défauts et nos fragilités, nous sommes invités à bien plus qu’accueillir ceux qui sont victimes des abus, nous sommes invités, exhortés, convoqués, à lutter pour que cela ne se reproduise plus. Pour que notre maison devienne une maison sûre. Pour que chaque personne se sente valorisée, aimée, acceptée, respectée et regardée avec amour et patience, non seulement par Dieu, mais aussi par chacun de nous, qui sommes son peuple ! Si le mal subi, nous ne pouvons que le traverser ; le mal commis, nous pouvons l’éviter et le dénoncer ! Soyons donc des intendants de l’amour ! Entrons, chacun, sur ce chemin de conversion. Et protégeons les plus faibles et plus vulnérables car ils nous rappellent que le Royaume des cieux appartient à ceux dont le cri silencieux de la souffrance fait trembler les entrailles de Dieu. Rappelons-nous sans cesse, que le cœur de l’autre est une terre sainte. Que notre cœur est une terre sainte. Et que la seule manière de respecter cette terre, c’est de faire le bien et d’aimer jusqu’à en donner sa vie ! Comme nous l’apprend Jésus !

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