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Homélies, toutes les semaines (ou presque) et d'autres réflexions, quand je peux!

Homélie du 5ème dimanche de Carême | Année C | 2022

|Is 43, 16-21 ; Ps 125 ; Ph 3, 8-14 ; Jn 8, 1-11|

Imaginons la scène : Jésus est assis, il enseigne. Un groupe d’hommes vient vers lui pour lui mettre à l’épreuve, et pour ce faire, ils prennent une femme surprise en adultère. Eux, veulent condamner en même temps la femme et Jésus. La femme, à cause de son péché. Jésus, à cause de leur ignorance. Peut-être pensaient-ils avoir là la solution qu’ils cherchaient depuis si longtemps.

Tout est démesuré dans cette scène. La honte jetée sur la femme « ils la mettent au milieu » ; l’insistance des pharisiens et des scribes « comme on persistait à l’interroger… ». En revanche, du côté de Jésus tout est posé. Comme si nous étions dans un ralenti. « Jésus s’était baissé… » « il se redressa » pour répondre à leur question et « il se baissa à nouveau ». Et du côté de la femme ? Là, au milieu, dénudée de sa dignité par ceux qui se croyaient justicier ? Elle attendait ! Le verdict, la première pierre… la mort !

Et voilà que Jésus, sans s’adresser à elle directement, répond aux questions qui lui ont été posées « celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre. ». Il ne voile pas l’erreur de l’accusée, mais il met chacun de ses accusateurs face à leurs propres péchés. Ils les renvoient chacun à sa propre histoire. Ils leurs rappelle à chacun sa propre fragilité. Et il voit chez la femme quelque chose qui lui permet de lui donner une nouvelle chance. Un germe de conversion. Et c’est la même chose pour ceux qui voulaient lui mettre à l’épreuve. En les renvoyant à eux-mêmes, Jésus leur donnait la possibilité d’entrer dans un chemin de conversion, de renouveler leur regard et de ne pas prendre ni la Loi ni Dieu en otage, mais bien apprendre à entrer dans un chemin de miséricorde. Jésus fait une chose nouvelle. Il montre un visage nouveau de Dieu. Par son geste et sa parole, Jésus répond à leurs questions en montrant qu’il n'approuve pas l’adultère, bien sûr, mais sa manière d’agir face à cette femme est une nouveauté radicale. La nouveauté de Dieu. Celle de la seconde chance qui naît par le désir de conversion. « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » Tout y est. Pour la femme, pour les pharisiens, pour les scribes et pour nous !

Le Seigneur nous donne toujours une seconde chance. Il est toujours prêt à nous faire confiance. Mais nous sommes invités, chacun de nous, à manifester sincèrement notre désir de changer, de donner un nouveau sens à notre vie. Quitter ce qui nous rend prisonnier de nous-mêmes et entrer dans une démarche de conversion.

Et c’est cette rencontre avec le Christ, cette rencontre sincère et vraie, qui peut nous donner le sens profond de notre vie, de notre histoire. Nous sommes aux portes de la Semaine Sainte. Pendant presque 40 jours nous avons mis au centre de notre vie ce dont nous avons besoin de changer pour devenir de meilleurs disciples et amis de Jésus. Peut être que pendant cette semaine, nous pouvons prendre le temps, si court soit-il, pour nous laisser regarder par le Christ. A travers sa Parole, la prière, la rencontre… nous laisser regarder avec tendresse et entendre, à notre tour,  cette parole : « Personne ne t’a condamnée ? … Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

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