28 Septembre 2025
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Aujourd’hui, l’Évangile nous présente une scène de contraste : deux abîmes (l’un dans cette vie, et l’autre après la mort) qui se creusent entre richesse et pauvreté, entre celui qui accumule et celui qui souffre. Et chaque décision, ou absence de décision, a sa conséquence dans l’éternité.
Dans l’histoire racontée par Jésus, le pauvre a un nom : Lazare, qui signifie « celui que Dieu a secouru ». Il était « couvert de plaies, gisant à la porte du riche », attendant de « se rassasier des miettes qui tombaient de la table… ». Il n’a rien reçu. Le riche ne l’a pas regardé, et son indifférence est devenue sa sentence silencieuse.
Le riche de l’Évangile aurait pu transformer sa table et sa maison en instruments de partage, mais il a préféré se regarder lui-même, ignorant la misère de Lazare. Quel fut son péché ? Être riche ? Non ! Le Seigneur ne nous interdit pas d’avoir le nécessaire pour vivre, d’avoir un certain confort. Ce qu’Il critique ici, c’est quand nous devenons indifférents à la souffrance de l’autre. La faute de cet homme fut l’indifférence. Aimer la richesse plus que le prochain endurcit le cœur et ferme les yeux à la souffrance de celui qui est dans le besoin. Et comme nous dit le pape François : « La richesse ne doit pas être une fin en soi, mais une ressource pour servir les autres. »
Ne nous y trompons pas : chacun de nous porte en soi un peu de ce riche. Chaque fois que nous ne regardons pas notre prochain avec compassion ; chaque fois que nous préférons critiquer ; chaque fois que nous choisissons d’abattre plutôt que de tendre la main ; chaque fois que nous ignorons la nécessité de quelqu’un ou que nous fermons notre cœur devant la souffrance d’autrui — nous reproduisons le même péché de l’indifférence.
Dimanche dernier, nous avons terminé l’Évangile avec cette parole de Jésus : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. » Aujourd’hui, nous voyons en pratique ce que cela signifie : lorsque l’argent cesse d’être un moyen et devient une fin, l’indifférence domine, et le péché se révèle dans le refus de l’amour et de la compassion.
Chacun de nous est appelé à assumer sa responsabilité, et la liturgie d’aujourd’hui invite chacun à grandir et à mûrir dans la vie spirituelle. Et le signe de cette maturité spirituelle, c’est lorsque notre vie intérieure se traduit dans nos actions, dans notre manière de vivre avec nos frères et sœurs. Mais cette maturité ne se projette pas seulement vers l’avenir : elle se concrétise dès maintenant. Le temps présent est tout ce que nous avons, et c’est en lui que commence notre éternité. Chaque geste de miséricorde, chaque pain partagé, chaque regard attentif à l’autre construit l’éternité dès aujourd’hui.
Nous sommes appelés, comme disciples du Christ, à transformer notre confort en service. Notre richesse en partage. Notre indifférence en compassion. Il n’y a pas de pauvre si pauvre qu’il ne puisse partager, pas plus qu’il n’y a de riche si riche qu’il n’ait besoin de quelque chose ! Nous aussi, nous pouvons créer des abîmes, nous aussi, nous pouvons nous séparer de Dieu en pensant que nous en sommes proches. « Le ciel commence quand nous ouvrons les yeux sur l’autre », et l’enfer, quand nous « nous allongeons sur le lit de l’indifférence. »
Que l’expression de notre foi ne soit pas seulement des paroles, mais des gestes concrets de miséricorde qui inaugurent déjà le ciel dans notre vie. Que nous ne creusions pas d’abîmes par nos choix, mais que nous bâtissions des ponts qui nous conduisent les uns vers les autres et, ainsi, vers Dieu lui-même.