4 Janvier 2026
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Combien sont-ils et qui sont ces mages ? L’Évangile ne le précise pas. La tradition parle de trois, entre autres, à cause du nombre de présents offerts : l’or qui reconnaît la royauté de l’Enfant ; l’encens confesse sa divinité ; et la myrrhe annonce que Dieu assume notre humanité jusqu’au bout. Mais l’essentiel est surtout ceci : Dieu se manifeste à toute l’humanité, et non à un groupe particulier. Il est la « lumière des nations » qui illumine le cœur de celui qui cherche. L’Épiphanie, c’est cela : Dieu ne se cache pas, il se laisse trouver par celui qui se met en route.
Pour les mages, venus d’Orient, ce chemin commence par la contemplation et se poursuit par une question : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » Joseph, homme juste et simple, le sait. Les bergers le savent. Marie, choisie pour être la mère du Sauveur, le sait aussi. Mais celui qui paraît le plus puissant, Hérode, ne le sait pas. Il ne le sait pas parce que son cœur, rempli d’orgueil, n’a de place que pour le pouvoir de domination. Un cœur plein de lui-même ne reconnaît pas la présence de Dieu, car il n’a plus d’espace pour accueillir. Et un tel cœur ne comprend pas que « trouver le Dieu avec nous, celui qui nous sauve de nos échecs », est la seule manière de trouver le vrai bonheur. Tous le savaient, sauf Hérode, et il choisit de détruire au lieu de chercher. Contrairement aux mages : eux, ils cherchent.
Cette quête naît d’un cœur inquiet, désireux de comprendre ce qu’il voit et d’interpréter ce qu’il ressent. Ils décident alors de risquer l’inconnu, de faire le premier pas pour emprunter un chemin nouveau. Celui qui refuse de sortir de ses sécurités ne reconnaîtra jamais les signes de Dieu. Les mages nous ont laissé un héritage précieux : un véritable itinéraire spirituel.
Tout commence par la contemplation, la prière, l’intimité avec Dieu. Puis les expériences s’enracinent et prennent force à travers la Parole, l’Écriture, qui fait naître la joie de la rencontre, car nous y reconnaissons la présence de Dieu. Cette joie engendre l’adoration, et l’adoration conduit au don de soi. Rencontrer Dieu n’est jamais une fin en soi ; c’est toujours un envoi. N’est-ce pas ce que vivent les mages ? La contemplation du ciel pour sortir de soi ; la certitude d’être sur le bon chemin grâce à l’explication des Écritures ; la joie de la rencontre avec l’Enfant-Dieu et, enfin, le don de ce qu’ils sont, à travers les présents offerts.
Et dans tout cela, le plus important, c’est le chemin. Savoir ne suffit pas. Il faut marcher, avec ses hauts et ses bas ; il faut affronter nos peurs et nos doutes, comprendre nos rêves et nos désirs, car Dieu se révèle à ceux qui le cherchent. La marche à la rencontre du Christ nous fait entrer dans la communion (l’or), vivre la fraternité (l’encens) et concrétiser cette rencontre par la charité, le vrai don de chacun de nous envers nos frères et sœurs (la myrrhe). Le signe que nous avons rencontré la Lumière du monde, c’est le fait de nous donner et de faire de notre vie une « épiphanie », une manifestation de la présence de Dieu.
L’Évangile se termine en disant que les mages retournèrent par un autre chemin. Celui qui rencontre véritablement le Christ est transformé. Souvent, il nous faut changer de route. Et tout ce qui a été vécu auparavant devient un apprentissage pour choisir ce qui compte vraiment : Jésus, et lui offrir nos plus beaux présents — notre cœur, notre vie, nos expériences. Celui qui rencontre le Christ ne revient jamais comme avant : il revient différent, il revient transformé. L’Épiphanie nous rappelle que la foi est chemin, recherche, rencontre et transformation. Dieu continue de se manifester. La question demeure ouverte : où est-il aujourd’hui pour moi ? L’Épiphanie nous le rappelle : Dieu se laisse trouver par ceux qui ont le courage de se mettre en route.