15 Février 2026
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Il y a quelques semaines, Jésus nous a conduits sur la montagne pour nous introduire dans une nouvelle logique de perception du monde et des relations. D’abord, il nous a montré qui sont les « héritiers du Royaume » à travers les Béatitudes ; ensuite, il nous a enseigné comment, en tant que disciples, nous pouvons « mettre en pratique » concrètement cet appel des Béatitudes : en étant « sel de la terre et lumière du monde » dans notre vie quotidienne. Et maintenant, nous montons encore d’un degré : quelles sont nos véritables choix ?
Toute la liturgie de ce dimanche peut se résumer en trois mots : choix, justice et responsabilité. Qu’est-ce que cela signifie ? Dans la première lecture, nous sommes appelés à réfléchir à ce que nous choisissons. Dieu nous a créés « profondément bons » et pleinement libres. Il n’a pas créé le mal. Le mal est introduit dans le monde au moment où l’homme commence à se méfier de Dieu, lorsque l’être humain se laisse séduire par le désir de pouvoir et de grandeur. À partir de là, lorsque nous comprenons que nous sommes libres, nous comprenons aussi que cette liberté consiste à choisir : choisir le bien ou le mal ; la vie ou la mort.
Lorsque Jésus affirme, dans l’Évangile, qu’il n’est pas venu abolir la Loi ni les Prophètes, mais « leur donner plein accomplissement », il nous place devant une réalité complètement nouvelle : il déplace notre regard d’une approche simplement légaliste et nous fait entrer dans la « justice du cœur ». Cette justice naît de la sagesse de Dieu qui habite le cœur de chacun de nous, mais qui est souvent enfouie à cause de notre « désir de grandeur et de pouvoir ».
Lorsque Jésus reprend la Loi de Moïse, il ne rejette pas ce qui a déjà été accompli par les prophètes ni ce qui est contenu dans la Loi, mais il conduit tout à un niveau supérieur : il fait entrer toute la réalité humaine dans la logique de l’amour. Il introduit dans les relations humaines ce qui auparavant demeurait seulement dans le « devoir » d’une relation avec Dieu. Jésus apporte la responsabilité dans notre vie quotidienne. Ainsi, chacun est appelé à se responsabiliser pour ses choix.
La nouveauté de Jésus est que le choix ne se situe plus seulement au niveau de la loi — selon ce qui est permis ou interdit, extérieur à nous comme un ordre reçu — mais au niveau de la relation la plus profonde : celle qui conduit à la vie (ou à la mort) et qui naît de la sagesse du cœur.
De cette manière, chaque point repris par Jésus dans l’Évangile touche intimement ce que nous vivons les uns avec les autres : le respect, la nécessité du pardon, l’attention aux paroles, la réconciliation… Si auparavant chacun suivait ce qui était dit parce qu’il y était « obligé », désormais chacun est appelé à suivre parce qu’il choisit librement.
Mais choisir quoi ? L’invitation qui nous est faite est de toujours choisir la vie, toujours choisir ce qui élève. Toujours choisir le chemin du pardon, de la fraternité et de la paix. Chacun de nos choix nous rend responsables, car il peut créer la relation ou la tuer.
Certaines décisions exigent de la persévérance : si nous choisissons le bien, nous devons persévérer dans le bien. D’autres exigent que nous changions de direction : si nous avons choisi le mal, nous pouvons toujours prendre un nouveau chemin et changer.
Quel est ton choix aujourd’hui ? Le choix juste est celui qui engendre la vie, et dans la dynamique de la vie, nous devenons responsables. Nous sommes responsables de nos gestes, de nos paroles et de nos attitudes. Devant nous « se trouvent la vie et la mort, le bien et le mal ; chacun recevra ce qu’il aura préféré ».
Personne ne peut faire le bien à ma place ! De même, personne ne peut faire le mal à ma place.
Que notre « oui » soit « oui » parce que nous décidons de choisir la vie ; et que notre « non » soit « non » parce qu’en choisissant la vie, nous entrons dans la force transformatrice de l’amour.
Car ce qui définit ce que nous sommes, ce sont les petites décisions prises chaque jour, à la lumière du Christ, notre Maître.
Si 15, 16-21 ; Ps 118 (119) ; 1 Co 2, 6-10 ; Mt 5, 17-37